Alors que la justice ivoirienne a ordonné sa radiation de la liste électorale le rendant de facto inéligible à la présidentielle du 25 octobre, le leader du PDCI-RDA, qui a quitté la Côte d'Ivoire il y a près de deux mois, mène une offensive diplomatique auprès des chancelleries européennes pour plaider sa cause et réclamer une élection « inclusive, transparente et crédible ».
Tout juste réélu à la présidence du PDCI-RDA, Tidjane Thiam a participé à une manifestation de ses partisans à Bruxelles, place du Luxembourg, devant le Parlement européen, vendredi 16 mai, où ces derniers entendaient notamment dénoncer l'« acharnement judiciaire » dont serait victime leur leader.
Pour eux, la décision prise le mois dernier par la justice ivoirienne qui a ordonné la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale - le rendant de facto inéligible à la présidentielle du 25 octobre - est une « injustice flagrante » et une « décision politique ».
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Arrivé au rassemblement dans un fourgon noir qui le dépose place du Luxembourg, celui que tout le monde appelle « Le président » affiche un large sourire. Sous les vivats de dizaines de militants portant une casquette verte - la couleur de son parti -, il prend alors la parole pour répondre aux journalistes présents.
«On mène le bon combat et on va gagner. Moi, je veux parler de l'espérance de vie à 59 ans. Je veux parler des élèves de terminale qui ont un niveau de troisième », déclare-t-il alors avant d'expliquer être venu à Bruxelles « pour porter ce message. Il faut que la Côte d'Ivoire soit gouvernée différemment, au profit des Ivoiriens et non au profit d'un clan ».
« Nous risquons de retomber dans les crises que nous avons connues...»
Lors d'un entretien un peu plus tôt dans la journée à la Commission européenne, sa délégation a tenté de faire passer ce même message que résume Simon Dogo, le porte-parole du groupe parlementaire du PDCI en lançant cet avertissement : « Attention : nous risquons de retomber dans les crises que nous avons connues, notamment en 2010 et 2020, si rien n'est fait pour permettre à tous les candidats de pouvoir participer à ces élections ».
Comme Tidjane Thiam, d'autres candidats potentiels à la présidentielle d'octobre ont eux aussi été radiés - mais pour des raisons judiciaires - de la liste électorale, tels que l'ex-président Laurent Gbagbo, son ancien bras droit Charles Blé Goudé ou encore l'ancien Premier ministre Guillaume Soro. Face à cette situation, l'opposition demande un audit complet du fichier électoral et une réforme de la Commission électorale qui organise le scrutin.