Ile Maurice: Ciment - La hausse qui fait vaciller les projets de construction

Depuis le 13 mai, le prix du ciment a pris un coup de chaud. La pochette du sac de 25 kilos a été revue à la hausse avec une marge de 5 %. Une majoration qui tombe comme un couperet pour ceux qui avaient planifié de bâtir leur nid ou qui sont déjà engagés dans un projet de construction. Et pour la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), cette augmentation est tout simplement inacceptable.

Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, tire à boulets rouges sur le ministre du Commerce, Michaël Sik Yuen. «C'est une aberration quand je l'entends parler ! Il suffit qu'un groupe privé menace de licencier et hop, les prix flambent.

Ce n'est pas comme ça qu'on doit gérer un pays !», s'indigne-t-il. Il rappelle qu'en 2018, une grande compagnie de ciment avait licencié 75 % de son personnel sous couvert d'un plan de départ volontaire. «Jusqu'à aujourd'hui, le montant versé aux employés n'a jamais été communiqué au syndicat. Et dans l'ombre, une poignée d'entre eux ont été réembauchés... comme sous-traitants !», dénonce-t-il.

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«À la place, on a vu débarquer des employés précaires, payés au salaire minimum. Et cette restructuration a été orchestrée avec l'aide d'un avocat... qui siège aujourd'hui au Parlement !» Alors que le ministre évoque un possible licenciement massif, Reeaz Chuttoo reste sceptique : «Il devrait commencer par se renseigner : combien d'usines de ciment avons-nous ? Combien de personnes y travaillent ? Peut-on vraiment parler de masse ? Qu'on ne vienne pas nous berner !»

Le président de la CTSP fustige aussi les conséquences directes sur la population : «Cette hausse de 5 %, c'est aussi 15 % de TVA en plus qui rentre dans les caisses de l'État. Mais qui paye la note ? La classe moyenne ! Ceux qui ont contracté un prêt immobilier sont étranglés. Avec la montée du repo rate, les intérêts ont explosé. Les barres de fer coûtent plus cher, l'électricité aussi.»

Face à cette spirale infernale, la CTSP lance un appel au Premier ministre qui est également le ministre des Finances : «Il faut une dérogation pour les prêts logement jusqu'à Rs 2 millions. C'est faisable ! Il faut aussi revoir cette hausse du ciment qui n'est pas justifiée à l'international. À qui le ministre Sik Yuen renvoie-t-il l'ascenseur ? La vraie question est là.»

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