À Madagascar, c'est une nouvelle étape franchie en vue de la construction de la plus grosse centrale hydroélectrique du pays. Cette semaine, l'État a officiellement annoncé son entrée au capital du consortium chargé du pilotage du projet, situé à Sahofika, dans le centre du pays, sur la rivière Onive. Un tournant majeur, après plus de six années de retard accumulé. Avec 85 % de la population toujours privée d'accès à l'électricité sur l'île, la construction de cette centrale pourrait répondre en partie aux besoins impérieux du pays en matière d'énergie.
L'actionnariat du projet Sahofika enfin constitué. En achetant 49% des parts via le Fonds Souverain Malagasy SA, l'État malgache est devenu cette semaine le troisième actionnaire à intégrer le consortium Neho, aux côtés de Themis et Eranove, deux développeurs panafricains spécialisés dans les projets énergétiques en Afrique.
L'entrée de l'État malgache au sein de l'actionnariat devrait permettre au consortium d'obtenir des prêts à des taux préférentiels. Car tel est désormais le noeud de la guerre. Estimé à un milliard d'euros, le projet prévoit la construction d'un barrage hydroélectrique, d'une usine de production, de 60 km de route d'accès, d'un tunnel d'eau de 4 km et de deux conduites forcées. Autant d'infrastructures qui nécessitent un soutien financier conséquent.
« On ne part pas d'une feuille blanche, loin de là », confie une source proche du dossier. En effet, avant la pandémie de Covid-19, une quinzaine d'investisseurs avaient déjà manifesté leur intérêt. Aujourd'hui, c'est à la Banque africaine de développement - en charge de l'arrangement financier - et au consortium Neho de les convaincre de se remobiliser.
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Jirama, client stratégique... et fragile
La Jirama, compagnie publique malgache d'eau et d'électricité, sera l'acheteuse exclusive de l'énergie produite par Sahofika. Actuellement en grande difficulté financière, elle pourrait pourtant bénéficier d'un prix d'achat bien inférieur aux standards actuels : moins de 10 centimes d'euros par kilowattheure, contre environ 30 centimes aujourd'hui. Une perspective qui pourrait contribuer à redresser les comptes de l'entreprise.
Pour rassurer les investisseurs, la Banque africaine de développement a accepté de se porter garante en cas de défaut de paiement de la Jirama. Un engagement de poids qui devrait rassurer les investisseurs.
En parallèle, l'appel d'offres pour la construction du barrage s'est clôturé cette semaine. Trois entreprises sont en lice : une chinoise, une turque et une portugaise. Les négociations débuteront dans les prochaines semaines, avec une décision attendue d'ici à la fin de l'année.
En coulisses, les acteurs du dossier espèrent un démarrage effectif des travaux au second semestre 2026 - à condition que la construction de la route d'accès, entamée récemment, se poursuive sans accroc.