Tchad: Les avocats de Succès Masra contestent son lien avec les violences de Mandakao

L'opposant tchadien Succès Masra

Au Tchad, les avocats de Succès Masra ont pris la parole samedi 17 mai pour la première fois depuis l'arrestation de l'ancien Premier ministre à son domicile vendredi matin. Six des vingt avocats du président des Transformateurs se sont présentés devant la presse alors que leur client est toujours en garde à vue dans les locaux de la coordination de la police judiciaire et accusé d'avoir provoqué le massacre de Mandakao suite à un message audio.

Le procureur et les membres du gouvernement pointent tous un audio qualifié de « viral » sur les réseaux sociaux attribué à Succès Masra et diffusé en langue ngambay, un dialecte du Logone-Occidental et langue maternelle de l'opposant. Selon eux, son message inciterait à la révolte et à la haine des cultivateurs contre les éleveurs de la région. 42 personnes - majoritairement des femmes et des enfants -, ont été tuées, mercredi 14 mai 2025, dans un conflit entre éleveurs et agriculteurs.

Pour les avocats du président des Transformateurs, qui disent ne pas avoir accès au dossier d'instruction et donc ne pas savoir si c'est bien cet audio qui a conduit à l'arrestation de leur client, le message qui circule sur les réseaux sociaux est trouvable sur le compte YouTube des Transformateurs en date du 23 mai 2023, et ne peut donc être relié au massacre de Mandakao.

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« On ne peut pas nous brandir ce prétendu audio qui date d'il y a quelques années pour lequel un mandat d'arrêt avait été émis, qui était d'ailleurs targué de faux et qui a été couvert en son temps par les accords de Kinshasa d'une part et par une amnistie, explique Maître Francis Kadjilembaye, l'un des avocats de Succès Masra. Alors qu'on nous dise entre le 14 mai et le 16 mai, date de l'arrestation de notre client, à quel moment a-t-il fait cet audio sur lequel on se base pour pouvoir l'interpeller ? »

Succès Masra est toujours en garde à vue à la coordination de la police judiciaire. Il devrait être auditionné par un juge dans la semaine. Ses avocats demandent, eux, sa libération immédiate.

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