À Madagascar, c'est un lieu unique de partage, de rencontres, et de bouleversements : la Fondation H, fondation d'art contemporain totalement gratuite, accueille chaque matin avant son ouverture un public de scolaires des quartiers populaires de la capitale. Des classes qui viennent chacune trois fois par an, pour se familiariser avec le lieu et participer à des ateliers créatifs. Un choc des milieux et une formidable opportunité de s'ouvrir sur le monde. Reportage.
« Wahou ! » s'exclament des enfants. La trentaine de CM2 pénètrent pour la première fois dans la salle d'exposition. Du sol au plafond, des milliers d'animaux en plastique forment une fresque murale colorée et intrigante. L'installation de l'artiste nigérian Yinka Shonibare, inspirée de l'arche de Noé et intitulée « Eden Painting », symbolise le paradis.
« C'est beau ! L'artiste est incroyable ! » s'exclame Teo, 13 ans. « Je vois des animaux que je n'avais jamais vus avant. Des chameaux, des cobras. Même des insectes qui vivent sous terre ! C'est comme si tous les animaux du monde étaient là ! »
« Ça me transporte de voir tout ça ! »
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Anita, elle, a les yeux dans le vague. « Ça me transporte de voir tout ça ! Ça donne envie de toucher, mais je sais qu'on n'a pas le droit ! Tous ces papillons, ça fait rêver... »
Un paradis en danger, menacé par la consommation de masse et le plastique. Fitiavana Benarson, la médiatrice culturelle, est là pour donner aux enfants les clés de lecture de l'oeuvre dans sa globalité : « Mon travail, c'est de transmettre le message de l'artiste. Le plus gros enjeu, je trouve, c'est d'arriver à rendre le sujet beaucoup plus accessible aux enfants pour qu'il y ait un dialogue qui s'instaure. Yinka (Shonibare) parle beaucoup des enjeux écologiques, de colonisation. Ce ne sont pas des sujets qui sont très abordés, que ce soit à l'école ou dans leur quotidien. Donc, on en parle. C'est aussi une manière de délier les langues, pour amorcer la réflexion. »
Un lieu qui permet de se questionner, de voyager entre soi et le monde. L'an dernier, la Fondation H a accueilli près de 4 000 enfants défavorisés.