Assemblées annuelles 2025 - La Banque africaine de développement a donné « la voix aux sans-voix » à travers son engagement avec la société civile

16 Mai 2025
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African Development Bank (Abidjan)

« La Banque africaine de développement est fermement convaincue que la collaboration avec la société civile est essentielle à un développement inclusif et durable qui améliore véritablement la vie de nos populations ». En prononçant ces mots forts à l'occasion du Forum de la société civile 2022 à Abidjan, Akinwumi Adesina, le président du Groupe de la Banque, confirmait l'engagement de l'institution à placer les organisations de la société civile africaine au coeur de ses politiques de développement.

Dès les années 1990, cette voix se faisait déjà entendre dans les couloirs de la Banque. En effet, au moment même où l'Afrique commençait à voir tomber les régimes à parti unique, la principale organisation de développement sur le continent entamait sa mue. L'institution intégrait la prise en compte des organisations de la société civile dans ses politiques.

Tenue à ses débuts, cette voix ne devient véritablement audible, que durant la dernière décennie, dans le cadre des réformes institutionnelles initiées par l'ancien ministre de l'Agriculture du Nigéria, Akinwumi Adesina, élu en mai 2015, nouveau président de l'institution. L'unité, qui traitait alors de la société civile au sein de la Banque, devenait une division pleinement autonome appelée « société civile et engagement communautaire », constituant avec la division genre et autonomisation des femmes, le département genre, femmes et société civile. Cette évolution marquera le début d'une ère au cours de laquelle l'institution ne cessera de donner de « la voix aux sans-voix » afin de « tirer le meilleur parti du capital de l'Afrique pour favoriser son développement », le thème des prochaines Assemblées annuelles 2025 attendues du 26 au 30 mai à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

Durant la dernière décennie, la société civile est devenue un pilier central du développement inclusif en Afrique. De fait, le président Adesina s'est servi de son expérience d'ancien ministre de l'Agriculture, donnant à la société civile nigériane une place centrale dans son initiative phare de transparence dans la distribution des intrants agricoles (engrais notamment) afin de contourner un secteur marqué par des dysfonctionnements majeurs.

Un plan d'action sur l'engagement avec la société civile

En octobre 2024, la Banque s'est dotée d'un Plan d'action pour l'engagement avec la société civile 2024-2028, réaffirmant ainsi sa volonté de promouvoir une Afrique inclusive avec les organisations de la société civile (OSC) comme vigies et aussi partenaires de ses actions sur le terrain. Élaboré dans le cadre d'un processus très participatif, multipartite et inclusif, ce plan d'action vise notamment à créer un environnement propice aux OSC pour promouvoir la croissance et le développement en Afrique. Il préconise leur intégration dans tous les processus d'élaboration des politiques et de mise en oeuvre des opérations du Groupe de la Banque dans tous les pays du continent. Le plan prend également en compte la production des connaissances et le renforcement du dialogue sur les politiques afin de favoriser l'élaboration de politiques et de plaidoyers fondés sur des données probantes. Augustine Njamnshi, voix éminente du mouvement de la société civile pour le climat et l'énergie, saluera l'adoption de ce plan en déclarant : « L'approbation de ce Plan d'action marque un tournant historique dans notre collaboration avec le Groupe de la Banque africaine de développement. Né d'une vision partagée, ce document devient notre héritage collectif. Nous exprimons notre sincère gratitude à la Banque pour cet acte de confiance profond. »

Dans sa Stratégie de développement des capacités 2021-2025, la Banque valide par ailleurs la mise en place de la Communauté de pratique sur l'engagement de la société civile visant à favoriser l'échange de connaissances, le renforcement des capacités et l'innovation collaborative. Les journées portes ouvertes de la société civile, organisées chaque année dans les bureaux pays de la Banque, permettent à l'institution d'avoir un dialogue direct avec les membres des OSC sur l'exécution de ses projets et programmes dans les différents pays africains. Depuis 2015, plus de 15 évènements nationaux à travers l'Afrique ont été organisés par la division dédiée.

La voix de la société civile dans l'élaboration, l'exécution et l'évaluation des projets

« La Banque africaine de développement entend répondre aux besoins des communautés vulnérables, promouvoir la justice sociale et contribuer au développement durable sur l'ensemble du continent », précise Zeneb Touré, cheffe de la Division de la société civile et de l'engagement communautaire au sein du Groupe de la Banque. Depuis 2017, la société civile a participé à l'élaboration de plus de 40 Documents de stratégie pays (DSP) et l'exécution d'une cinquantaine de projets financés par le Groupe de la Banque et ses partenaires.

Au Zimbabwe, où le Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque, a accordé un don de plus de 3,5 millions de dollars américains pour la mise en oeuvre du Projet sur les compétences pour l'employabilité et la productivité des jeunes et des femmes, la participation des organisations de la société civile dans l'élaboration du projet a permis d'identifier les jeunes et les femmes les plus nécessiteux et marginalisés au sein des communautés bénéficiaires du projet. La société civile a pu identifier les actions de formation en compétences entrepreneuriales dans le soutien aux capacités des jeunes des localités bénéficiaires du projet.

En Tanzanie, le Projet de développement des compétences pour l'employabilité des jeunes dans l'économie bleue, financé à hauteur de 54,09 millions de dollars par le Groupe de la Banque, bénéficie d'une implication de la société civile. Un représentant des organisations de la société civile tanzanienne siège au sein du comité directeur du projet et d'autres acteurs de la société civile sont engagés à la sensibilisation pour la participation des filles dans l'enseignement et la formation technique et professionnelle. En collaboration avec le Comité Internationale de la Croix-Rouge , le Projet multinational pour l'autonomisation économique des femmes dans la région du Sahel a bénéficié de l'expertise locale des organisations de la société civile, de ses efforts d'inclusion participative, de la confiance communautaire, et de la contribution à l'allocation des ressources au Mali, au Niger et au Tchad. Ce projet financé à hauteur de 1,38 million de dollars par la Facilité d'appui à la transition de la Banque, vise à renforcer l'autonomisation des femmes dans ces trois pays du Sahel.

« La société civile n'est pas en marge des dynamiques de développement ; elle en est l'essence même, sa mémoire vivante et son moteur de changement. Nous saluons le pouvoir unique de la Banque à unir les forces vives du continent autour d'une vision commune d'améliorer la vie des populations africaines », salue Kolyang Palebele, représentant de la Plateforme des organisations paysannes d'Afrique, lors du Forum de la société civile, en mai 2025.

La société civile, alliée majeure pour lutter contre les changements climatiques

Avec moins de 4 % de production de gaz à effet de serre à l'échelle planétaire, l'Afrique est le continent qui pollue le moins, mais il est, de loin, celui qui pâtit le plus des effets des changements climatiques. Pire, les guichets de financement climatique sont pratiquement inaccessibles aux pays africains. Aussi, pour permettre à la voix du continent d'être entendue dans les instances internationales, la Banque s'est-elle solidement alliée avec la société civile africaine. Que ce soit dans les conférences africaines sur le climat ou les COP, l'institution tient un dialogue soutenu avec les représentants des OSC africaines pour recueillir leurs points de vue et faciliter leur participation dans les différents forums afin de porter ensemble et de façon cohérente la voix de l'Afrique.

À la COP 28, qui s'est tenue fin 2023 à Dubaï, le Groupe de la Banque et les OSC ont formé la coalition « Groupe de la Banque africaine de développement-Société civile sur le climat et l'énergie », définissant collégialement « cinq priorités absolues » pour lutter contre les effets des changements climatiques en Afrique. Ces priorités portent sur l'adaptation, les pertes et dommages, les systèmes d'alimentation et d'utilisation des terres, la protection et la restauration des forêts.

Au lendemain de la crise économique liée à la pandémie de Covid-19, les OSC africaines ont rallié l'initiative portée par le président Adesina, puis par les dirigeants du continent, visant à canaliser les droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI vers les banques multilatérales de développement afin de renforcer les financements climatiques et faire face aux besoins de développement des États. La Coalition fondée à cet effet par les organisations de la société civile d'Afrique a invité la communauté mondiale, les gouvernements des pays industrialisés et les partenaires du développement à mettre en oeuvre les meilleures pratiques, innovations et technologies de manière inclusive, en impliquant les agriculteurs, les communautés locales, en particulier les femmes et les jeunes. Selon les OSC, il est devenu nécessaire de définir une approche qui allie les connaissances scientifiques et traditionnelles sans nuire à la biodiversité ni compromettre la résilience de la société.

« La Banque a accordé la priorité aux contributions des organisations de la société civile dans son travail de manière significative (...). Elles sont des partenaires essentielles dans l'effort de la Banque pour renforcer la résilience du continent au changement climatique », saluait Akinwumi Adesina à l'occasion du Forum de la société civile 2022, tenu à Abidjan. « Leur travail continuera d'être soutenu et promu par la Banque africaine de développement », assurait-il.

Cette promesse n'a depuis jamais failli puisqu' « au fil des ans, l'engagement de la société civile est devenu un pilier de l'action de la Banque africaine de développement. Ce qui n'était qu'une aspiration s'est transformé en un partenariat structuré, institutionnalisé et axé sur les résultats », reconnaît Beth Dunford, la vice-présidente du Groupe de la Banque chargée de l'Agriculture, du Développement humain et social lors du tout dernier Forum des Organisations de la société civile organisées à Abidjan le 8 mai 2025.

En effet, chaque année, la Banque organise son Forum de la société civile, point culminant des forums régionaux. Cette tribune d'échange et de coproduction de connaissances entre les plus hauts dirigeants du Groupe de la Banque et les principaux responsables de la société civile africaine a toujours été une occasion inédite pour interroger l'action de la Banque et surtout prendre en compte « la voix des sans-voix » en Afrique, dont la dynamique société civile africaine est le ferment incontestable.

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