Afrique: Présidence de la BAD - Dr Sidi Ould Tah ravive ses ambitions panafricaines

Dr Sidy Ould Tah, candidat mauritanien à la Présidence de la BAD
19 Mai 2025

Plus que 10 jours avant la date du 29 mai 2025, le compte à rebours est lancé et les candidats sont bien dans le train de leur campagne pour l’élection à la Présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD). C’est un moment important pour l’institution panafricaine, mais surtout une période très attendue pour les économistes africains qui souhaitent de véritables transformations pour l’économie du continent.

En effet, les Assemblées annuelles du Groupe de la BAD se tiendront du 26 au 30 mai prochain à Abidjan, en Côte d’Ivoire. A cette occasion, les actionnaires régionaux et non-régionaux voteront pour l’élection du nouveau président de la Banque Africaine de Développement. Parmi les cinq candidats figure le mauritanien Dr Sidy Ould Tah, président sortant de la Banque Arabe pour le Développement Économique de l’Afrique (BADEA).

Il est bien déterminé à mettre en place son expérience et surtout sa connaissance du terrain économique. Ayant été du côté de l’offre et de la demande, le Dr Sidi se dit « connaître les rouages de cette responsabilité tant convoitée ».

Sa feuille de route est bien précise. Elle s’articule autour de quatre points qu’il désigne « les 4 points cardinaux ». Il s’agit de mobiliser les capitaux à grande échelle. Par-là, il entend multiplier par 10 le volume des financements.

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Le deuxième point consiste à réformer l’architecture financière africaine. Pour Dr Tah, le continent doit s’unir et parler d’une seule voix financière sur la scène mondiale. Il préconise donc une consolidation continentale des institutions et une réforme de la finance publique afin de développer une structure financière panafricaine.

En ce qui concerne le troisième point, il s’agit de transformer le dividende démographique en puissance économique. Pour cela, Dr Tah entend valoriser la force démographique du continent, majoritairement jeune, afin de formaliser l’économie informelle, de booster la montée en puissance des Petites et Moyennes Entreprises (PME), et de mettre en place des programmes ciblés d’entrepreneuriat.

Enfin, son dernier point consiste à industrialiser l’Afrique tout en valorisant ses ressources naturelles. A cet égard, Dr Sidi Ould Tah propose de voir l’Afrique non seulement comme un continent riche en ressources naturelles, mais plutôt comme une force industrielle capable de générer une valeur ajoutée significative.

Il sera nécessaire d'investir dans des infrastructures capables de résister aux impacts climatiques, ainsi que dans les systèmes énergétiques, les réseaux numériques et la connectivité entre les zones rurales et urbaines.

Il faut bien le dire, le continent comprend actuellement des fissures économiques, et ce, depuis la rupture de l’aide au développement de l’Usaid (Agence des États-Unis pour le développement international).

Dans ce contexte de fissure économique, celui qui aspire à succéder au Nigérian Akinwumi Adesina à la Présidence de la BAD, précise qu’« il faut oublier le modèle existant de l’aide publique au développement qui a montré ses limites et qui n’est pas soutenable en définitive ».

Il poursuit en déclarant que « le contexte actuel est l’occasion pour l’Afrique de repenser son modèle de partenariat et de cesser d’être un continent qui reçoit de l’aide pour être un continent qui établit une relation gagnant-gagnant. Cela nécessitera une plus grande implication du secteur privé et des investisseurs institutionnels, avec le soutien de la Banque ».

Il faut surtout noter que l’économiste chevronné envisage, au lendemain de sa nomination, repenser le continent tout en valorisant ses ressources naturelles.

Il mentionne dans sa feuille de route vouloir faire de l’Afrique un continent producteur et industriel.

Un fardeau qui a toujours été le point saillant de nombreux dirigeants africains quand on sait que l’Afrique produit un grand nombre de matières premières, mais ne les transforme pas.

On retrouve là un combat énoncé par le Dr Sidi qui ravit bien les ambitions panafricaines au point d’avoir le soutien de plusieurs leaders politiques à l’instar du Président béninois S.E. Patrice TALON, ainsi que le Président congolais Denis Sassou Nguesso.

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