Dans une lettre ouverte adressée à l'État malgache, la Chambre des mines interpelle fermement les autorités sur l'urgence de redynamiser le secteur minier, jugé stratégique pour l'avenir économique du pays. L'organisation dénonce l'inertie de l'État face aux blocages réglementaires et administratifs qui freinent depuis des années l'activité exploratoire et extractive dans l'île et la maintiennent dans l'informel. Un appel lancé alors que l'économie malgache montre des signes de fragilité croissante.
« Nous n'avons plus le luxe du temps », tance la Chambre des mines, dans son communiqué. Dans le contexte mondial marqué par l'instabilité des marchés, les tensions géopolitiques et les nouvelles barrières commerciales, l'organisation appelle à une rupture avec l'attentisme et à des décisions politiques fortes.
Malgré leur potentiel, les sous-sols malgaches restent largement sous-exploités, affirme la Chambre. Le gel des permis miniers depuis plus de quinze ans aurait ainsi paralysé de nombreux projets d'exploration et fait fuir les investisseurs étrangers. Le communiqué déplore également une gouvernance « confuse et arbitraire » qui prive l'État, tout comme les citoyens, des bénéfices réels liés à l'exploitation des ressources naturelles, ainsi que les « règles qui changent au gré des humeurs administratives et politiques ».
Résultat : de nombreux projets sont à l'arrêt. Les investissements étrangers se raréfient. Pour enrayer cette dynamique, la Chambre des mines formule des recommandations principales : « l'abandon des pratiques administratives qui favorisent l'informel, le rétablissement de la confiance des investisseurs, une meilleure redistribution des retombées économiques et le renforcement des institutions de régulation. »
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Avec cette lettre ouverte, la Chambre des mines assure à RFI vouloir « remuer l'administration et tendre une perche aux dirigeants afin de s'extirper une bonne fois pour toutes de ce bourbier [...]. Le secteur minier peut devenir le moteur du redressement économique de Madagascar - ou, à défaut, le symbole d'une nouvelle occasion manquée. »
Les États-Unis ont déjà montré leur intérêt pour les minerais malgaches. Le pays est d'ailleurs en pourparlers pour intégrer le Minerals Security Partnership, l'initiative américaine lancée pour permettre de sécuriser leur chaine d'approvisionnement en minerais critiques. Emmanuel Macron a, lui aussi, rappelé lors de sa visite en avril, que la France souhaitée être un partenaire fiable dans la valorisation des terres rares malgaches.
Des choix courageux devront être faits, « loin des calculs à court terme », rappelle la Chambre, et sans brader non plus les ressources du pays.