Ile Maurice: Haniff Peerun dénonce un piège electoral

Le licenciement brutal de quelque 1 800 employés recrutés en 2024 au sein des Collectivités locales continue de susciter l'indignation. Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress (MLC), se dit profondément préoccupé par les répercussions de cette décision sur les familles concernées. Mais au-delà de l'émotion, il pose une question de fond : qui doit assumer la responsabilité d'un tel fiasco ? Le gouvernement sortant ou un système défaillant ? Il déplore que des institutions censées être indépendantes et impartiales, comme la Public Service Commission et la LGSC, soient directement influencées par le pouvoir politique, puisque leurs membres sont nommés par le Premier ministre lui-même. À ses yeux, cette proximité compromet leur neutralité et mine la confiance du public dans le processus de recrutement.

Haniff Peerun s'interroge également sur la légalité même des contrats offerts à ces employés. Il affirme que certains general workers ont été engagés avec un salaire mensuel de Rs 10 250, alors que le salaire minimum légal est de Rs 17 500, sans compter le top-up de Rs 2 500 accordé par la MRA. Pour le syndicaliste, ces contrats sont tout simplement illégaux et vont à l'encontre des règles de la fonction publique, où l'emploi au jour le jour n'est pas une pratique autorisée. Dans sa prise de position, il n'hésite pas à désigner clairement les responsables. Il accuse l'ancien président de la LGSC d'avoir joué un rôle central dans ce qu'il qualifie d'acte malveillant, orchestré en pleine période électorale avec la complicité de certains politiciens. Ce dernier, affirme-t-il, devra répondre de ses actes devant la justice pour avoir trompé des centaines de travailleurs.

Face à cette crise, le président du MLC plaide pour une réforme en profondeur des procédures de recrutement dans la fonction publique. Il appelle à un processus entièrement transparent, où chaque poste vacant serait annoncé publiquement dans tous les journaux et médias. Il insiste pour que tous les candidats ayant postulé reçoivent leurs résultats détaillés et que les noms et qualifications des personnes sélectionnées soient rendus publics. Il estime également qu'en cas de favoritisme avéré, les candidats non retenus doivent pouvoir contester les décisions prises. Pour Haniff Peerun, c'est une question d'intégrité du service public et du respect des droits fondamentaux des travailleurs. «Il faut que de telles injustices ne se reproduisent plus.»

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