Le Kenya reconnait avoir « coopéré » avec l'Ouganda dans l'enlèvement - sur son territoire - d'un des principaux opposants ougandais, Kizza Besigye. Poursuivi pour trahison, l'ancien médecin personnel du président ougandais - devenu opposant - risque la peine capitale. Son avocate, et ancienne ministre de la Justice kényane, dénonce des arrangements « hors la loi » entre « États voyous » d'Afrique de l'Est.
Le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a admis, le mardi 20 mai au soir, sur la chaîne Citizen TV que Nairobi avait « coopéré avec les autorités ougandaises » au nom de « l'intérêt national ». L'opposant ougandais Kizza Besigye, 68 ans, ancien médecin personnel du président Yoweri Musevini, a été enlevé en novembre 2024 lors d'un déplacement au Kenya, capturé par des agents des deux pays, puis transféré en voiture jusqu'à la frontière ougandaise sans que cette décision ait été validée par la justice kényane.
Peine capitale
Il risque la peine capitale pour complot « par la force des armes pour renverser le gouvernement » ougandais, selon l'acte d'accusation. Besigye, dans le collimateur du gouvernement de Kampala depuis son ralliement à l'opposition il y a 25 ans, est, depuis, en détention en Ouganda. Il a mené une grève de la faim pendant dix jours pour dénoncer sa « détention illégale ».
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Arrangements « hors la loi »
Son avocate a dénoncé des arrangements « hors la loi » entre « États voyous » d'Afrique de l'Est pour « opprimer leurs citoyens ». L'avocate Martha Karua, par ailleurs, ancienne ministre de la Justice kényane a elle-même été expulsée, le dimanche 18 mai, de Tanzanie où elle voulait assister - en tant qu'observatrice - à la comparution devant la justice d'un opposant tanzanien.
