Maroc - La perforation du barrage Al Massira, une première en Afrique pour répondre au défi du stress hydrique dans la région de Marrakech

20 Mai 2025
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African Development Bank (Abidjan)
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La question de la gestion de l'eau s'impose avec la plus haute importance dans les débats sur le développement du continent.

Elle sera centrale lors des prochaines Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement qui se tiendront à Abidjan du 26 au 30 mai 2025, sous le thème « Tirer le meilleur parti du capital de l'Afrique pour favoriser son développement ». Dans un continent où le stress hydrique devient de plus en plus un défi majeur, le Maroc a, pour sa part, expérimenté une solution inédite : la perforation du barrage Al Massira, pour alimenter deux millions d'habitants de la ville de Marrakech en eau potable.

Un chantier inédit pour faire face au stress hydrique

C'est un chantier gigantesque qui se développe à 120 kilomètres de Marrakech : la perforation du barrage Al Massira alors qu'il est toujours en exploitation. Deuxième réservoir d'eau du Maroc, ce barrage a une capacité d'environ 2,6 milliards de mètres cubes d'eau. L'objectif du projet est d'acheminer l'eau vers des stations de traitement jusqu'à la ville ocre. Les études ont démontré que la meilleure solution était de procéder à la perforation du barrage, une opération qui permettra d'avoir un important débit de sept mètres cubes d'eau par seconde.

Véritable prouesse technique, le modus operandi de l'opération consiste à perforer pour installer une prise d'eau sur la paroi du barrage en activité. C'est la première fois qu'une telle opération, se déroule en Afrique.

Le chantier s'inscrit dans le cadre d'un programme de renforcement de l'accès à l'eau potable de la ville de Marrakech. Financé par la Banque africaine de développement pour près de 150 millions d'euros, le projet vise à alimenter deux millions d'habitants de Marrakech en eau potable. Durant les dernières décennies, l'important développement urbain et touristique de Marrakech a généré une demande en eau de plus en plus croissante. L'enjeu est donc de taille, car, il s'agit de sécuriser l'accès à l'eau dans une région où cette ressource stratégique vitale se fera de plus en plus rare à l'avenir.

Bâtir un « édifice » d'étanchéisation haut comme un immeuble

Pour assécher la zone de percement, un important ouvrage d'étanchéité a été érigé sur la paroi du barrage : un batardeau de 40 mètres de hauteur qui pèse plus de 250 tonnes. Cette étape a nécessité des travaux sous-marins pour dégager un important volume étanche.

L'autre défi de taille a consisté à réaliser un conduit d'un diamètre de 2,5 mètres et de dix mètres de profondeur dans la paroi en béton du barrage. Cette opération a permis de perforer le béton armé sur une longueur de dix mètres ce qui a nécessité des études très spécifiques en matière de stabilisation de structure.

Perforer et extraire un bloc en béton armé de cent tonnes

La phase la plus délicate de l'opération a consisté à extraire un noyau central de près de cent tonnes. Pendant plusieurs mois, des experts marocains et internationaux et des dizaines d'ingénieurs, de plongeurs et de techniciens se sont succédé pour relever ce défi colossal.

Dupliquer l'expérience en Afrique

Cette solution technique a fait ses preuves. Elle peut être aujourd'hui généralisée, au profit d'autres barrages au Maroc et dans d'autres pays africains. Depuis les années 1970, la Banque africaine de développement et le Maroc ont développé un partenariat stratégique dans le secteur de l'eau. La Banque a ainsi financé plusieurs opérations pour un montant de plus de 1,5 milliard de dollars américains.

En contribuant, par l'approvisionnement en eau potable, à améliorer la qualité de vie des populations au Maroc, la Banque africaine de développement bâtit les conditions d'un développement durable et inclusif aussi bien au Maroc qu'ailleurs en Afrique.

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