Alors que Madagascar continue de subir les conséquences de la révision de l'aide américaine, l'administration Trump a également supprimé un programme de son ministère de l'Agriculture. « Food for progress » devait soutenir les deux pôles économiques des régions du sud-ouest et du sud-est malgaches de Tuléar et Fort-Dauphin, à hauteur de quinze millions de dollars sur cinq ans. Un coup dur pour les dizaines d'entreprises sélectionnées, et pour le secteur privé engagé pour la transformation agricole dans deux régions durement touchées par les effets du changement climatique.
Des milliers de dollars auraient dû transformer des cultures de manioc, de baie rose ou encore de café. Encore rudimentaires et pénalisées par de faibles rendements, elles devaient être mécanisées et les paysans formés à une logique de rendement stable. Un revers pour le secteur privé local qui peine à s'engager seul dans une transformation agricole.
Emmanuel Costoyannis vient d'apprendre la suspension du programme américain, qu'il avait remporté avec son fonds d'investissements malgache Miarakap : « Des entreprises, qui étaient censées recevoir des financements en contrepartie d'investissements et de prise de risques importants de leur part pour déployer ces projets dans le Sud, se retrouvent aujourd'hui avec un partenaire défaillant [le Département américain de l'Agriculture, soit l'USDA, NDLR] qui les a engagés à investir et qui disparaît du jour au lendemain. »
« Nos rendements sont moyenâgeux »
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Ces entrepreneurs, habitués aux chocs réguliers provoqués par les aléas climatiques dans la région, se veulent résilients. C'est le cas de Houssein Mebobaly, fondateur de la société Malakass qui produit de la farine de manioc depuis 2021. Selon lui, le développement du Sud de l'île ne pourra se faire sans l'aide des bailleurs, mais il pourra se faire sans les États-Unis :
« Madagascar a plusieurs partenaires que sont l'Union européenne et la France. Aujourd'hui, il faut savoir que nos rendements sont moyenâgeux. Avec plus de moyens financiers de ces bailleurs, on pourra être plus rapidement aux normes internationales et pouvoir exporter nos produits finis. »
Au-delà d'être un levier pour l'export, la transformation agricole doit contribuer à l'autosuffisance alimentaire de l'île, une promesse du président malgache.