Ile Maurice: Recrutement, budget, inégalités - La CTSP hausse le ton

Lors d'une conférence de presse tenue au siège de la CTSP à Rose-Hill, son président Reeaz Chuttoo a dénoncé avec vigueur le renvoi des quelque 3 000 travailleurs engagés dans les collectivités locales.

«Ces personnes ont entamé des démarches depuis 2023. Aujourd'hui, on les met dehors comme si elles avaient été recrutées par piston», a-t-il lancé, évoquant une injustice flagrante. Pour la CTSP, ces travailleurs jouaient un rôle essentiel en soutenant les services publics locaux, et leur départ plonge les villes et villages dans une situation difficile.

«Le ministre Woochit lui-même a confirmé qu'il ne s'agissait pas de faux emplois», a affirmé Chuttoo, ajoutant qu'une campagne de désinformation tente de faire croire que ces travailleurs ont été recrutés récemment. Il appelle le gouvernement à faire preuve de transparence : «Quand auront lieu les interviews ? Quand commencera le recrutement ?» La CTSP exige un calendrier clair.

À quelques mois des élections municipales, le syndicat pointe aussi l'apparition soudaine de nouveaux visages dans le secteur public. «Pourquoi parle-t-on seulement des manoeuvres ? Pourquoi ne pas évoquer les employés âgés qui occupent encore des postes, empêchant les jeunes de servir le pays ?»

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Sur le plan économique, la CTSP redoute un budget «ultra-libéral» qui pénalisera encore une fois les plus modestes. Reeaz Chuttoo critique le recours croissant aux travailleurs étrangers, sous-payés et utilisés pour contourner les droits des Mauriciens. «Ils coûtent en moyenne 10 % de moins par mois aux employeurs, paient des taxes mais ne bénéficieront jamais d'une pension ici.»

Enfin, le syndicat regrette l'absence totale de dialogue avec le gouvernement. «Depuis que ce gouvernement est en place, il n'y a eu aucune consultation. Le peuple est déçu, mais il est encore temps de l'écouter. Sinon, il finira par se révolter.»

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