Dès que vous avez eu le collier de maire de Vacoas-Phoenix autour du cou, par quoi avez-vous commencé ?
(Avant de monter dans le bureau du maire, il nous a montré la moquette qu'il a demandé d'enlever) Dans l'ancien bureau du maire et celui de l'adjoint-maire, la moquette date d'au moins trente ans. Pa kapav respire. Pour commencer, nous avons rendu visite au personnel de la mairie. Certains avaient des mines crispées. Certains ne voulaient pas parler.
Il y a toujours cette crainte de s'exprimer publiquement ?
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C'était le cas le premier jour, mais cela s'est dissipé quand ils ont vu ce que nous avons commencé à faire. Le mess des employés manque d'hygiène. Dans le département sanitaire, il y a un bureau qui coule, d'autres manquent d'espace.
Les mécaniciens et soudeurs ont demandé depuis longtemps que le toit en tôle de l'atelier, qui est pourri, soit remplacé. En temps de pluie, ils font de la soudure électrique avec les risques d'électrocution que cela comporte. Après la tournée, mo dir bizin deside. Nous avons établi une liste d'améliorations d'urgence.
Comment comptez-vous financer les travaux ? Le mardi 13 mai dernier, le ministre des Collectivités locales a déclaré au Parlement que Vacoas-Phoenix a un déficit budgétaire de Rs 139,2 millions.
Nous allons puiser des fonds inutilisés au cours de l'année financière qui s'achève. Ce sera des améliorations basiques, avec la main-d'oeuvre in-house. Cela ne va pas coûter beaucoup.
Vous avez une estimation ?
Pas encore. Prenez le carrelage endommagé. Il doit y avoir des carreaux céramiques quelque part dans le store, pour les remplacer. Pour la dalle qui coule, les 10 ans de garantie sur les travaux ne sont pas encore terminés. Il reste encore trois ans. Nous allons discuter avec l'entrepreneur. Les solutions existent, mais cela n'avait pas été fait. Qu'ont fait les anciens conseillers pendant 10 ans ?
Le jour de votre élection comme maire, vous avez lancé : «anou netway nou lavil». Quand est-ce que le nettoyage commence et dans quelle partie de la ville ?
Cela a commencé à l'hôtel de ville depuis le premier jour de mon mandat, le vendredi 16 mai. Mardi 20 mai, nous avons fait une visite du centre-ville. Ensuite nous irons vers la route qui mène à Glen-Park, Quinze Cantons et Henrietta. Puis de l'autre côté, vers Phoenix, Mesnil, Castel.
Il faut enlever les affiches et banderoles installées pendant la campagne électorale. Fini donn lord. On a commencé à nettoyer l'ancienne station-service en face de Mexico. Les toilettes publiques de la gare sont dans un état déplorable. Comme il y a des commerces qui vendent de la nourriture à proximité, il a été décidé que la porte des toilettes sera ouverte de l'autre côté. Le système de balayage sera revu, le centre-ville doit être propre.
Aujourd'hui, nous irons voir le complexe municipal inauguré en 2013. J'étais adjointmaire à l'époque. Depuis, c'est devenu un eye sore à cause du manque d'entretien. Nous attendons des fonds du prochain budget pour rénover. Il y aura une mayor's meeting (NdlR: la réunion du maire avec les chefs de département de la municipalité) tous les lundis pour assurer le suivi des doléances.
Dont celles qui déplorent le manque de camion-bennes et la fréquence irré- gulière du ramassage des ordures.
Il y a des camions qui datent de onze ans. L'entretien laisse à désirer.
«C'est fait in-house».
Il y a eu des problèmes de pièces de rechange, par exemple. On s'est engagé pour qu'il y ait au moins un service minimum, une fois la semaine.
Avec les licenciements dans les collectivités locales, combien de personnes sont concernées à Vacoas-Phoenix ?
Il y a 65 personnes en tout, dont une vingtaine d'éboueurs. Les employés travaillaient du lundi au vendredi. Il a été convenu qu'en cas d'urgence, des employés travailleront le samedi, en prévision de la fin du mois de préavis des personnes licenciées.
Ce qui signifie payer éventuellement des heures supplémentaires alors que les finances sont dans le rouge ?
Je n'ai pas le choix. Bizin donn servis. Le citadin a droit à un service de voirie.
Le jour de l'investiture, vous avez aussi dit que vous alliez vous attaquer au problème des embouteillages qui s'est aggravé après la construction du métro. Qu'allez-vous faire ?
Une réunion est prévue avec la police, pour voir comment fluidifier davantage le trafic à Savoy et près du CEB. Par la suite, nous discuterons avec le Traffic Management and Road Safety Unit.
Le vrai problème c'était le manque de coordination. Nou pou gard enn liv. Les conseillers municipaux pourront noter directement les doléances, comme l'éclairage des routes.
Le bâtiment de l'hôtel de ville a des fuites. Vous avez annoncé l'intention de faire installer des panneaux solaires sur le toit de la mairie. Il faudra des travaux d'abord, non ?
Il y a le projet d'ajouter un étage sur le bâtiment de l'hôtel de ville, depuis environ trois ans. Un budget d'environ Rs 70 millions a été alloué, il n'a pas été dépensé.
Avant toute chose, nous avons demandé qu'un ingénieur du ministère des Infrastructures publiques vienne tester la solidité du bâtiment. Par la suite, il y aura l'étage additionnel.
Qui occupera le nouvel espace ?
Le personnel de la mairie a un gros problème d'espace. Un étage additionnel permettra de réorganiser les services. Pour répondre aux exigences du service, les employés doivent travailler à l'aise.
Y a-t-il un rafraîchissement prévu pour la salle des fêtes ?
Cela dépendra du budget qui nous sera alloué. Mais c'est vrai qu'il faut une rénovation. La salle des fêtes a fait son temps. On ne peut pas améliorer les bureaux et laisser la salle des fêtes qui est à côté, comme ça.
Vous avez aussi annoncé l'intention de mettre en place des comités de quartier. Quelle formule prévoyez-vous ?
Regrouper le club de foot, les forces vives, la police, même la Road Development Authority, par ward. C'est le public qui connaît le mieux les problèmes. Il faudra regrouper tous les responsables, pou pa pas boul.
Dans votre discours, vous avez déploré les routes laissées en mauvais état après des travaux.
Tout doit être fait selon des normes. C'est la mairie qui s'occupe du ré-asphaltage des routes avec l'argent du contribuable. Et à la fin du chantier, c'est la mairie qui a des problèmes. Nous allons y veiller avec des clauses dans les contrats des travaux.
En attendant de voir la route SaintPaul devenir, «la plus belle avenue de Maurice» ?
C'est mon rêve. A côté de la station météo, il y a des champs de légumes. Mon grand-père et mon père s'occupaient de plantations à cet endroit. J'habite à Bonne-Terre, mais j'ai passé mon enfance dans ce quartier, qui à l'époque coloniale, s'appelait defence land. A l'époque, de Saint-Paul jusqu'au collège Maurice Curé, des cyprès étaient alignés le long de la route. Ce paysage n'est plus ce qu'il était. Depuis longtemps, je me suis dit : si un jour je deviens maire, nous embellirons cette route. Je sais que c'est une classified road, elle n'appartient pas à la mairie. Il faudra en faire un projet national.