Trois jours après la signature du traité de rétrocession des Chagos par Londres, Maurice prépare sa première mission officielle dans l'archipel. Une délégation de haut niveau devrait s'y rendre prochainement. Au coeur de ces îles se trouve Diego Garcia, où est implantée une base militaire américano-britannique, à l'origine de l'expulsion des Chagossiens dans les années 1960 et 1970. Leur retour est désormais prévu sur l'archipel sauf sur Diego Garcia, toujours sous bail américain. Les Chagossiens, eux, réclament au moins le droit de travailler comme civils, sur la base américaine, à l'image des nombreux employés étrangers déjà présents là-bas.
Retrouver sa terre natale, c'est une victoire. Mais s'y réinstaller durablement représente un autre défi pour les Chagossiens. Le développement économique des îles prendra du temps et les Chagossiens redoutent un retour sans perspectives. Olivier Bancoult, le leader du groupe Réfugiés Chagos, réaffirme une revendication de longue date : pouvoir travailler comme civils sur la base militaire de Diego Garcia.
« Les Chagossiens, dit-il, devront avoir la priorité d'avoir un job sur Diego Garcia. Pourquoi pas la cohabitation ? Ce droit des Chagossiens de pouvoir travailler sur Diego Garcia, comme les Philippins, les Singapouriens et les Sri Lankais. »
Retour structuré
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Un plan de réinstallation encadré par des experts internationaux sera discuté en juin 2025. Avant leur expulsion, les Chagossiens vivaient sur trois îles principales : Diego Garcia, Peros Banhos et Salomon. Aujourd'hui, l'enjeu est d'organiser un retour structuré.
« Là, il nous faut travailler en collaboration avec le gouvernement pour pouvoir mettre en place toutes les structures, dit encore Olivier Bancoult. Désormais, nous allons nous concentrer sur la visite officielle, surtout sur Diego Garcia ». Un comité dirigé par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, pilotera les projets à mettre en oeuvre dans l'archipel. Objectif : préparer les conditions d'un retour viable pour les Chagossiens.