Les choses se précisent progressivement en République démocratique du Congo (RDC). L'ancien président congolais, Joseph Désiré Kabila, promettait de se rendre à Goma dans les jours à venir. Promesse faite, promesse tenue.
En effet, selon plusieurs sources concordantes, émanant notamment du M23 et des proches de l'ancien président, Joseph Kabila est effectivement arrivé dans la capitale du Sud-Kivu, le week-end dernier en passant par un pays à l'est de la RDC (Ouganda ?), mais surtout par le Rwanda, et c'est par la route qu'il aurait rallier Kigali à Goma. Si ce n'est pas une déclaration de guerre, ça y ressemble fort, car les choses sont maintenant claires.
Suite à la percée irrésistible de la nouvelle rébellion congolaise, cette grande métropole de l'est congolais est tombée le 26 janvier 2025 et est depuis lors administrée par les hommes de Corneille Nangaa. Si donc Kabila fils a pu enfin y arriver sans encombre, c'est qu'il a forcément partie liée avec ceux qui ont lancé cette troisième guerre du Congo, à défaut d'être leur parrain, comme l'en suspecte le président Félix Tshisékédi. C'est d'ailleurs pourquoi, après avoir perquisitionné son domicile à Limete, une de ses résidences, son immunité parlementaire de sénateur honoraire à vie a finalement été levée le 22 mai 2025. C'est ce qui explique le courroux du fils de Mzé qui vendredi dernier a dressé un véritable réquisitoire contre la gouvernance actuelle du pays. Ce qu'il considère comme étant une dictature à laquelle il faut mettre fin.
Il faut croire qu'il se fout de la république. Voici en effet un monsieur qui est arrivé dans les bagages de son père, Laurent Désiré Kabila, qui en 1997 a marché sur Kinshasa avec l'AFDL, avec déjà le soutien du Rwanda et de l'Ouganda, qui lui a succédé après l'assassinat du Mzé le 16 janvier 2001, qui a passé 18 ans et 8 jours (17 janvier 2001 au 25 janvier 2019) au pouvoir, qui a régné en véritable potentat, dont le clan a fait main basse sur les richesses du pays, et qui se pique aujourd'hui de donner des leçons de démocratie aux gens.
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Il est vrai que Fatshi n'est pas un exemple achevé en la matière, mais c'est quand même un peu trop fort le café que son prédécesseur s'érige aujourd'hui en sauveur de la démocratie congolaise. Quoi qu'il en soit, une chose est sûre, avec cette visite les masques sont tombés, et Kinshasa n'a pas d'autres choix que de le traiter comme un ennemi de la république, et lui réserver le traitement qui convient à ce genre d'individus.
Faut-il donc croire qu'il avait quitté le pouvoir malgré lui, et qu'il rêve depuis de reconquérir le fauteuil perdu par tous les moyens que ce soit ? On est enclin à le croire. Mais c'est quand même navrant et même pitoyable qu'un ancien chef d'Etat qui a déjà lui-même eu affaire à une rébellion en vienne aujourd'hui à pactiser avec les mêmes diables et diablotins qu'il a combattu de par le passé.