Assemblées annuelles 2025 - Les dirigeants africains appellent à la mobilisation des capitaux continentaux pour l'autosuffisance

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27 Mai 2025
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African Development Bank (Abidjan)

Le président de la Côte d'ivoire, Alassane Ouattara, a ouvert mardi les Assemblées annuelles 2025 du Groupe de la Banque africaine de développement en lançant un appel vibrant à l'Afrique pour qu'elle mobilise ses propres capitaux, accélère l'intégration régionale et trace une nouvelle voie vers l'autosuffisance économique.

Les Assemblées annuelles, organisées sur le thème « Tirer le meilleur parti du capital de l'Afrique pour favoriser son développement », interviennent à un moment crucial. L'évolution de la dynamique du commerce mondial, notamment les nouveaux droits de douane des États-Unis affectant 47 pays africains, la baisse de l'aide internationale au développement et la hausse des risques d'inflation, exige une action audacieuse et coordonnée.

Le président Ouattara a exhorté les pays africains et leurs partenaires hors continent à capitaliser sur les ressources et la jeunesse de l'Afrique pour stimuler une croissance transformatrice et inclusive.

Il a salué la Banque africaine de développement pour son impact transformateur sur le continent sous le leadership de son président Akinwumi Adesina, qui achève son double mandat (dix ans au total) à la fin du mois d'août prochain, une période qui a vu l'institution émerger comme un leader mondial du financement du développement.

« Malgré les défis auxquels l'Afrique a été confrontée ces dernières années, il est clair que la situation aurait été bien pire sans l'intervention de la Banque africaine de développement », a déclaré M. Ouattara. « Vous avez revitalisé cette institution. Félicitations encore une fois, mon ami et cher frère ! », a-t-il ajouté à l'adresse de M. Adesina.

Les perspectives de croissance de l'Afrique restent insuffisantes pour répondre aux besoins de ses populations, a alerté le président Ouattara. « Pourtant, grâce à des investissements massifs dans les secteurs sociaux et à une utilisation stratégique de nos vastes ressources, nous pouvons accélérer une véritable transformation », a-t-il affirmé.

Les Assemblées 2025, qui se tiennent à Abidjan, ont attiré plus de 6 000 participants, dont des chefs d'État, des ministres, des gouverneurs de banques centrales, des dirigeants du secteur privé, des représentants de la société civile, des partenaires du développement, des universitaires, des ONG et autres parties prenantes. Les gouverneurs du Groupe de la Banque éliront, jeudi, un nouveau président à la tête de l'institution. Le président du Ghana, John Mahama, et le président de l'Union des Comores, Azali Assoumani, ont pris part à la cérémonie d'ouverture.

Le président de la Côte d'Ivoire a salué les efforts déployés par M. Adesina, dont le mandat a permis à la Banque d'atteindre des niveaux historiques d'investissement et d'impact. Le futur président, a-t-il souhaité, doit « poursuivre le travail dynamique » et conduire la Banque vers une position encore plus importante sur la scène mondiale.

Dans un discours d'adieu émouvant, M. Adesina a dressé un bilan positif de ses dix années à la tête de la première institution de financement du développement en Afrique, mais il a également appelé à la nécessité pour le continent de voler de ses propres ailes.

« L'heure n'est plus à la dépendance à des fragments d'aide étrangère », a déclaré M. Adesina. « L'Afrique doit débloquer ses propres ressources, humaines, financières et naturelles, et construire des chaînes de valeur intérieures qui favorisent une croissance inclusive. »

M. Adesina a remercié les dirigeants africains et le personnel de la Banque d'avoir contribué à concrétiser la stratégie des « High 5 » de l'institution, qui a amélioré les conditions de vie de 565 millions d'Africains.

Au cours de la dernière décennie, la Banque a investi 102 milliards de dollars, soit 46 % du montant total de ses financements depuis sa création en 1964. Ce montant comprend 55 milliards de dollars dans les infrastructures, un soutien à la « Mission 300 » (une initiative audacieuse visant à fournir un accès à l'électricité à 300 millions d'Africains d'ici à 2030) et 225 milliards de dollars d'intérêts d'investissement mobilisés grâce à l'Africa Investment Forum.

M. Adesina a indiqué qu'en Côte d'Ivoire, pays hôte, le financement de la Banque avait été multiplié par 1,6 depuis 2015, permettant de financer des projets emblématiques tels que le pont emblématique Henri Konan Bédié et le 4e pont d'Abidjan, ainsi que les infrastructures autour du stade qui a accueilli la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2024.

« J'espère que nous avons marqué pour vous », a-t-il plaisanté en référence à la victoire du pays hôte lors de la dernière CAN en février 2024.

Il a également souligné le rôle de la Banque dans la gestion des multiples crises auxquelles le continent a été confronté, de la pandémie de Covid-19 à l'insécurité alimentaire mondiale, en passant par les défis liés à la dette et les chocs climatiques.

« Nous avons parcouru un long chemin, et nous l'avons fait pour l'Afrique », a souligné M. Adesina. « L'Afrique est toujours debout. Et fière de l'être. »

M. Adesina a également rappelé l'héritage en matière d'innovation institutionnelle : le capital de la Banque est passé, en dix ans, de 93 milliards de dollars à 318 milliards de dollars, et l'institution a conservé sa notation de crédit « triple A » tout au long de sa présidence. De nouveaux instruments, tels que le capital hybride et la titrisation synthétique, ont élargi les frontières du financement du développement.

En conclusion, M. Adesina a remercié son personnel, sa famille et les actionnaires pour leur confiance et leur soutien : « J'ai donné sincèrement mon coeur, mon esprit et tout mon être à l'Afrique (...). Que l'Afrique prospère et brille toujours, et que notre lumière ne s'éteigne jamais. »

Dans une vidéo hommage, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a salué M. Adesina pour son leadership visionnaire et son engagement en faveur d'un développement inclusif et durable en Afrique.

M. Guterres a mis en avant les réalisations de M. Adesina dans le cadre des priorités de développement « High 5 » : éclairer l'Afrique et l'alimenter en énergie, nourrir l'Afrique, industrialiser l'Afrique, intégrer l'Afrique et améliorer la qualité de vie des populations en Afrique.

« Grâce à votre programme « High 5 », vous avez tracé une voie audacieuse pour contribuer à façonner un continent meilleur », a-t-il reconnu. « En tant que président de la Banque africaine de développement, vous avez triplé le capital de la Banque et piloté les réponses à des crises urgentes, notamment la pandémie de Covid-19, tout en faisant progresser des solutions à long terme, allant des énergies propres à l'agriculture résiliente au climat. »

M. Guterres a également relevé le leadership mondial de M. Adesina dans la promotion du réacheminement des droits de tirage spéciaux du FMI par l'intermédiaire des banques multilatérales de développement, permettant aux pays africains d'accéder aux ressources dont ils ont tant besoin.

« Cela est essentiel pour soutenir les pays confrontés à une dette écrasante, à des chocs climatiques et à une marge de manoeuvre budgétaire limitée », a ajouté le Secrétaire général de l'ONU.

« Les Nations unies vous remercient et se réjouissent de pouvoir s'appuyer sur votre remarquable bilan pour les années à venir », a salué M. Guterres. « Merci pour tout ce que vous avez réalisé pour faire progresser le développement inclusif et un ordre financier mondial plus équitable. »

Discours de M. Adesina (vidéo)

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