Afrique: Une croissance de 3,6 % attendue en 2025, selon la BAD

L'Afrique du Nord devrait enregistrer une croissance de 3,6 % en 2025. Malgré les incertitudes géopolitiques croissantes et les tensions commerciales mondiales, la croissance économique du continent africain devrait passer de 3,3 % en 2024 à 3,9 % en 2025, pour atteindre 4 % en 2026. C'est ce que révèle le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2025 » (PEA 2025), présenté mardi par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

Le rapport, intitulé « Tirer le meilleur parti du capital de l'Afrique pour favoriser son développement », a été publié à l'occasion des Assemblées annuelles 2025 du Groupe de la BAD, tenues du 26 au 30 mai à Abidjan, en Côte d'Ivoire. La délégation tunisienne participant à ces assises est conduite par Samir Abdelhafidh, ministre de l'Économie et de la Planification et gouverneur du groupe de la République tunisienne auprès de la BAD.

Selon ce document, l'Afrique démontre une forte capacité de résilience face aux multiples chocs, et identifie des pistes concrètes pour libérer un immense potentiel de transformation.

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Les perspectives sont prometteuses pour 21 pays africains qui devraient dépasser les 5 % de croissance en 2025. Parmi eux, l'Éthiopie, le Niger, le Rwanda et le Sénégal pourraient franchir le seuil de 7 %, considéré comme critique pour réduire la pauvreté et favoriser une croissance inclusive, malgré des défis persistants.

Les taux de croissance projetés pour l'Afrique devraient dépasser la moyenne mondiale, surpassant toutes les autres régions, à l'exception des économies émergentes d'Asie.

La résilience continue du continent repose notamment sur des réformes structurelles nationales et une meilleure gouvernance macroéconomique. Toutefois, la croissance reste inégalement répartie :

L'Afrique de l'Est affiche les meilleures performances, avec un taux projeté de 5,9 % sur 2025-2026, grâce notamment à l'Éthiopie, au Rwanda et à la Tanzanie.

L'Afrique de l'Ouest maintient une croissance solide de 4,3 %, portée par la mise en exploitation de nouveaux gisements pétroliers et gaziers au Sénégal et au Niger.

L'Afrique du Nord devrait connaître une croissance de 3,6 %, malgré un contexte régional instable.

En revanche, la croissance ralentirait à 3,2 % en Afrique centrale, tandis que l'Afrique australe resterait en retrait avec seulement 2,2 %, notamment à cause de la faible performance de l'Afrique du Sud (0,8 %).

Le rapport insiste sur la nécessité pour l'Afrique de mobiliser ses propres ressources pour financer son développement. Kevin Urama, économiste en chef et vice-président de la BAD, a souligné que « l'Afrique doit désormais relever le défi et se tourner vers elle-même pour financer son développement dans les années à venir ».

Selon lui, avec des politiques adaptées, le continent pourrait mobiliser jusqu'à 1 430 milliards de dollars de ressources nationales supplémentaires (fiscales et non fiscales) uniquement grâce à des gains d'efficacité.

Le rapport met en avant quatre formes de capital à exploiter :

Le capital naturel : L'Afrique abrite 30 % des réserves mondiales de minéraux stratégiques, et pourrait capter plus de 10 % des 16 000 milliards USD attendus des minéraux verts d'ici 2030.

Le capital humain : Avec un âge médian de 19 ans, la jeunesse africaine pourrait ajouter jusqu'à 47 milliards USD au PIB grâce à une meilleure participation au marché du travail.

Le capital financier : Les actifs des fonds de pension s'élèvent à 1 100 milliards USD, tandis que les transferts de fonds pourraient atteindre 500 milliards USD d'ici 2035 si les coûts sont réduits.

Le capital commercial : La pleine mise en oeuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pourrait accroître les exportations de 560 milliards USD et les revenus de 450 milliards USD d'ici 2035.

Mais les défis restent considérables : 15 pays enregistrent une inflation à deux chiffres, et les paiements d'intérêts absorbent désormais 27,5 % des recettes publiques (contre 19 % en 2019).

Le rapport dénonce également les pertes liées aux sorties massives de capitaux, estimées à 587 milliards USD en 2022, dont : 90 milliards USD de flux financiers illicites, 275 milliards USD transférés par des multinationales via l'optimisation fiscale et 148 milliards USD perdus en raison de la corruption.

Pour Kevin Urama, « lorsque l'Afrique allouera efficacement son propre capital (humain, naturel, fiscal, commercial et financier), les capitaux mondiaux suivront les capitaux africains pour accélérer les investissements dans les secteurs productifs du continent. »

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