Sénégal: Un ouvrage démontre l'influence de l'arabe et de l'islam sur la langue wolof

Thiès — L'enseignant-chercheur à l'Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT), Babacar Niane a démontré, dans un ouvrage publié aux éditions L'Harmattan, combien la langue wolof est influencée par l'arabe et la culture arabo-islamique.

Intitulé "L'influence de l'enseignement arabo-islamique sur les langues nationales au Sénégal: l'exemple du wolof", l'ouvrage de 206 pages a été présenté mardi à l'UIDT, en présence notamment de ses collègues enseignants.

"La langue arabe a beaucoup influencé les langues nationales, sur le plan linguistique, culturel, religieux [et] économique", a relevé l'enseignant-chercheur. Il dit avoir tenté, à travers son livre, de témoigner de l'impact de cette langue du Coran venue d'Orient, sur une langue africaine comme le wolof.

Dans cet opus de 206 pages divisé en quatre chapitres, l'auteur démontre, exemples à l'appui, le fort taux d'influence de la langue arabe sur nos langues locales, en particulier le wolof.

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"Cette influence a été d'un enrichissement notable [pour] la langue wolof", affirme Babacar Niane, évoquant, par exemple, "des mots utilisés d'habitude en wolof, mais qui n'ont aucune équivalence dans cette langue".

C'est le cas de "zikr", "wiirdou", "cheikh", entre autres, dit M. Niane, chef du département Langues, Lettres et Sciences humaines (LALESH) de l'UIDT.

"C'est une influence qui est très positive pour la langue wolof", relève-t-il.

L'ouvrage tente aussi de mettre en exergue l'influence de l'islam sur la langue wolof. "Avec l'avènement du soufisme, nous avons eu une autre influence de par les enseignements soufis", a-t-il dit, en parlant des "zawiyya", des "mouhadam", du "xalouwa".

"Aujourd'hui, le wolof parle arabe sans s'en rendre compte, c'est l'exemple des mots comme "xaar", "fass", "moussiba", "fitna", "sheytan", poursuit-il.

"Il y a tellement de mots arabes qui sont employés en langues nationales, que ce soit le Wolof, le Poular, le Bambara, le Socé, entre autres", explique le spécialiste de civilisation arabo-musulmane.

Pour le chercheur italien, professeur de langue arabe, Frédérico Salvaje, "il y a beaucoup de similarités dans la dynamique des langues locales, du fait de l'influence de l'islam".

"Les musulmans ont regardé toutes les langues comme une possibilité de véhiculer des messages", a-t-il noté.

"Ils ont enseigné en arabe, en persan, mais aussi dans les langues vernaculaires", ajoute l'enseignant.

"La civilisation musulmane a eu une importance extraordinaire dans la naissance des littératures du monde", a reconnu le chercheur italien.

Babacar Niane est l'auteur du livre "Baye Niasse, père du panafricanisme et figure emblématique de l'islam", paru en 2020 aux éditions L'Harmattan et de plusieurs articles scientifiques.

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