Assemblées annuelles 2025 - Mobiliser les investissements pour l'eau et l'assainissement en Afrique reste un défi (panélistes)

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30 Mai 2025
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African Development Bank (Abidjan)

Des responsables politiques et experts sectoriels ont passé en revue les défis à relever pour la « mobilisation des investissements dans l'eau et l'assainissement en Afrique », mardi 27 mai 2025 à l'occasion des Assemblées annuelles 2025 du Groupe de la Banque africaine de développement.

Lors de cette table ronde organisée par le Groupe de la Banque africaine de développement et la Facilité africaine de l'eau, les panélistes ont souligné l'accès universel, le financement des projets et leur bancabilité, le rôle du secteur privé ou encore les partenariats comme étant parmi les principaux défis du secteur de l'eau et de l'assainissement sur le continent.

Victime de son succès « en raison de son rôle important, la Facilité a reçu plus de 400 projets alors que 33 seulement ont été considérés comme prioritaires sur les 80 qui remplissaient les conditions », a souligné Samuel Blazyk, coordonnateur par intérim de la Facilité africaine de l'eau

Fonds de préparation de projets, la Facilité africaine de l'eau mobilise des financements pour le développement des infrastructures dans le secteur de l'eau et de l'assainissement en Afrique. Elle fournit des dons, une assistance technique, un soutien à l'investissement aux gouvernements et des partenariats pour la mise en oeuvre de projets durables dans le secteur de l'eau.

Initiative du Conseil des ministres africains chargés de l'eau, la Facilité africaine de l'eau, est hébergée et gérée par la Banque africaine de développement. Depuis 2006, elle a accordé 220 millions d'euros de dons couvrant 148 projets et a mobilisé 2,1 milliards d'euros d'investissements en aval. Ces projets ont permis à 11,3 millions de personnes d'accéder à l'assainissement, ont amélioré l'accès à l'eau potable pour 23,2 millions de personnes et ont équipé deux millions d'hectares en irrigation. La réserve actuelle de projets de la Facilité est évaluée à 90 millions d'euros, qui profiteront à 15 pays africains.

Lors de cette session, le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement de Côte d'Ivoire, Bouake Fofana, a souligné certains défis qu'il considère comme prioritaires : le renforcement des infrastructures modernes, durables et inclusives, les questions de gouvernance du secteur, la faiblesse des moyens financiers alloués au secteur, le développement des capacités humaines et techniques pour l'exécution et le suivi des projets.

« La Facilité joue un rôle central pour des projets de qualité et viables techniquement et attractifs pour des partenaires. C'est un outil africain au service des priorités africaines qui facilite la mobilisation des investissements, mais il faut un soutien politique, technique et financier », a-t-il affirmé.

Mohamed El Azizi, directeur général du Groupe de la Banque pour l'Afrique du Nord et ancien directeur général de la Facilité africaine de l'eau, a insisté sur le rôle clé de ce mécanisme et l'importance de l'innovation dans la mise en place de nouveaux partenariats.

Sur le plan technique, les panélistes sont revenus sur la conception, la bancabilité des projets, la gouvernance du secteur, les partenariats et les moyens d'attirer les investissements privés.

Ousseynou Guène, chef de la Division eau et assainissement à la Banque africaine de développement, a pointé du doigt l'insuffisance des études et le retard dans les délais de consommation des ressources. Le constat est que « les pays les plus proches d'atteindre les objectifs intègrent le volet des investissements sans attendre d'appui. Malheureusement, on compte sur les bailleurs pour les préparations en amont », a-t-il déploré.

Richard Matikanya, directeur exécutif adjoint de la Children's investment Fund Fundation (CIFF) a rappelé que « sur les 400 millions de personnes qui n'ont pas accès à l'eau, 50 % sont des enfants » soulignant qu'il faudrait « explorer davantage de partenariat » avec la Banque africaine de développement.

« Les concertations doivent impliquer les partenaires dès l'entame des projets car l'Afrique, n'intégrant pas assez les aspects liés aux risques climatiques, ne capte pas suffisamment les financements climatiques », a relevé M. Guène.

Les voix des partenaires ont été relayées d'abord par Agnes Moser, conseillère de l'administrateur de la Banque africaine de développement représentant l'Argentine, l'Autriche, le Brésil, le Japon et l'Arabie saoudite, au nom du ministre des Finances de l'Autriche. Mme Moser a apprécié la qualité du partenariat avec la Facilité et sa capacité importante de mobilisation d'investissements et de préparation des projets de haute qualité.

Enfin, Tarek Bouhlel, directeur général de la coopération africaine au ministère tunisien de l'Économie et du Plan, a présenté la Stratégie 2050 pour l'eau et l'assainissement de son pays, qui fait référence dans les projets présentés.

Consultez l'album Flickr de la session ici

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