Un dialogue de haut niveau met en lumière les ambitions audacieuses de l'Afrique en matière de marchés du carbone

30 Mai 2025
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African Development Bank (Abidjan)
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À l'heure où le financement de la lutte contre le changement climatique devient de plus en plus urgent, l'Afrique s'impose comme un leader mondial sur les marchés du carbone. Dans ce contexte, la Banque africaine de développement a organisé un dialogue de haut niveau sur la réduction des risques et l'augmentation des investissements sur les marchés du carbone en Afrique, en marge des Assemblées annuelles 2025 du Groupe de la Banque africaine de développement à Abidjan, en Côte d'Ivoire.

L'événement a réuni des hauts responsables de la Banque, des dirigeants d'institutions, des décideurs politiques, des financiers du développement, des dirigeants du secteur privé et des représentants de la société civile afin de discuter du rôle croissant de l'Afrique et de son potentiel inexploité sur les marchés mondiaux du carbone.

Modéré par le professeur Anthony Nyong, directeur du département Changement climatique et croissance verte à la Banque africaine de développement, le dialogue a débuté par un discours d'ouverture de Kevin Kariuki, vice-président chargé de l'Électricité, de l'Énergie, du Climat et de la croissance verte à la Banque. M. Kariuki a souligné l'urgence du moment dans la trajectoire de développement de l'Afrique, décrivant le dialogue comme un espace « où les idées rencontrent l'action, les principes rencontrent la politique et le financement rencontre l'avenir de l'Afrique ». Son discours a donné le ton à une conversation audacieuse sur la manière dont l'Afrique finance son développement, monétise son capital naturel et façonne l'avenir des marchés mondiaux du carbone.

Au coeur de la discussion figurait l'initiative phare de la Banque : la Facilité africaine de soutien au carbone (ACSF). Cet instrument unique en son genre est conçu pour catalyser le développement de marchés du carbone hautement intégrés à travers le continent en fournissant un soutien financier, politique et technique ciblé.

La Facilité africaine de soutien au carbone vise à débloquer des milliards de dollars de financement climatique tout en garantissant des avantages pour les communautés africaines. Elle s'aligne sur la stratégie de l'Union africaine en matière de marché du carbone et repose sur cinq piliers stratégiques : réduire les risques liés à l'offre, stimuler la demande, mettre en place une infrastructure de marché, renforcer les écosystèmes politiques et attirer les capitaux privés.

M. Ibrahima Cheikh Diong, directeur exécutif du Fonds pour la réponse aux pertes et dommages, a souligné l'importance stratégique des marchés du carbone pour garantir la résilience à long terme et les opportunités économiques des pays africains. Dans un message vidéo, M. Paul Muthaura, PDG de l'Initiative pour les marchés du carbone en Afrique (ACMI), a insisté sur la nécessité d'une action et d'investissements coordonnés pour faire de l'Afrique un acteur clé du financement mondial du carbone. Leurs contributions ont reflété la dynamique croissante qui sous-tend le programme africain en matière de marché du carbone et le besoin crucial de partenariats solides, de solutions évolutives et d'investissements.

« Lorsqu'on réduit les émissions au niveau mondial il y a moins de pertes et dégâts. A Madagascar et ailleurs les catastrophes donnent un visage humain au changement climatique. Mais il y a des pertes non économiques. La solidarité mondiale est un des leviers ; en moins de deux ans avons lancé un fonds de 766 millions de dollars de contributions volontaires. Il faut promouvoir la complémentarité, une seule institution ne peut tout faire. », a ajouté Cheikh Diong.

Dans le cours des discussions du dialogue, une table ronde, animée par Solomon Quaynor, vice-président de la Banque africaine de développement, s'est concentrée sur le rôle essentiel des institutions financières dans la libération du plein potentiel des marchés du carbone. Parmi les participants figuraient M. Olympus Manthata (Banque de développement de l'Afrique australe), M. Derek Chime (ARM-Harith), Mme Hanan Morsy (Commission économique pour l'Afrique), M. Zeph Kivungi (Children's Investment Fund Foundation) et M. Wale Shonibare de la Banque africaine de développement.

Hanan Morsy, secrétaire exécutive adjointe (Programme) et économiste en chef à la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, a déclaré : « Les partenaires de développement doivent collaborer pour garantir la disponibilité et la fiabilité des données nécessaires à la vérification, à l'investissement et à la fiabilité des crédits carbone. Les flux de revenus doivent également profiter aux communautés. »

La discussion a mis en évidence une conviction commune selon laquelle les institutions financières doivent jouer un rôle central dans l'élaboration et la direction des marchés du carbone en Afrique. Les participants ont souligné la nécessité d'intégrer le financement carbone dans les stratégies nationales de développement afin de favoriser la résilience climatique et la transformation économique. Ils ont appelé à un renforcement des marchés de capitaux locaux, à des cadres réglementaires plus clairs et à des outils de partage des risques plus intelligents afin de réduire les risques liés aux investissements dans le carbone et d'attirer les capitaux privés.

Le panel a également souligné l'importance de veiller à ce que les revenus du carbone soient réinjectés dans les communautés, afin de soutenir l'équité, la transparence et la durabilité à long terme. Un thème récurrent a été la nécessité d'adopter une approche écosystémique qui relie les politiques, les capitaux, les technologies et l'impact sur les communautés, en s'éloignant des efforts fragmentés pour s'orienter vers un système unifié et intégré.

Les participants ont exprimé leur soutien sans réserve à l'Africa Carbon Support Facility (ACSF), qu'ils considèrent comme une plateforme catalytique capable d'apporter cohérence, crédibilité et élan aux ambitions de l'Afrique en matière de marché du carbone. Le dialogue a clairement montré que l'Afrique est prête à mener une nouvelle ère de financement climatique, équitable, ambitieuse et ancrée dans les priorités et les populations africaines.

Album photos de la session à consulter ici

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