Alors que Brazzaville a accueilli le premier congrès mondial des peuples autochtones et des communautés locales des trois bassins forestiers - du Congo, de l'Amazone et du Bornéo-Mékong - et que le gouvernement congolais y a rappelé l'importance du rôle des peuples autochtones dans la préservation des forêts, plusieurs organisations nationales et internationales dénoncent un projet de décret - présenté en Conseil des ministres mi-avril - sur le permis « Niambi ».
C'est un permis d'exploration d'hydrocarbures, liquides ou gazeux, de quatre ans, renouvelables deux fois, pour la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et une entreprise privée chinoise, Oriental Energy. Selon les organisations congolaises et leurs partenaires internationaux signataires d'une déclaration commune, ce permis met en danger un secteur sensible du parc national de Conkouati-Douli, situé dans le sud-ouest du pays. Elles appellent les autorités à y renoncer.
C'est une question de cohérence pour l'État, selon Christian Mounzeo, coordonnateur national de l'ONG Rencontre pour la paix et les droits de l'homme (RPDH) et de la campagne Publiez ce que vous payez au Congo : « Parce qu'on ne peut pas être engagé sur le plan international à vouloir témoigner d'un leadership en matière de protection de l'environnement et dans le même temps, avoir une pratique à l'antipode justement de ce type d'engagement et donc nous pensons que c'est un double discours. Pour rectifier le tir, nous considérons qu'il est recommandé au gouvernement que il y ait une forme de cohérence entre ses engagements et sa pratique de tous les jours. »
« Les processus ne sont pas prêts »
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Ce n'est pas le premier permis d'exploration dans ce parc, en principe protégé, lieu à la biodiversité exceptionnelle et où vivent des peuples autochtones et communautés qui n'ont pas été consultés selon Kim Aumonier, responsable suivi et droits au sein de la Rainforest Foundation UK, qui soutient et relaie les demande de ses partenaires congolais : « S'il n'y a pas d'étude d'impact environnemental, s'il n'y a pas eu de processus de consentement libre, préalable et informé par les communautés qui pourraient être impactées par cette licence, les processus ne sont pas prêts pour la signature de ce décret. »
Les organisations signataires de la déclaration en appellent au président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso. Elles lui demandent de ne pas signer ce décret. Et souhaitent plus largement que toute exploration et exploitation minière soient interdites dans le parc de Conkouati-Douli.