Cote d'Ivoire: Premier meeting de l'opposition ivoirienne - Le « gnaga » (1) a-t-il commencé ?

Meeting de l'opposition ivoirienne à la place Ficgayo

A cinq mois de la présidentielle ivoirienne prévue le 25 octobre 2025, le climat politique se dégrade davantage et au regard de l'irrédentisme du pouvoir et de l'opposition, rien ne semble indiquer une éventuelle amélioration de la situation.

Bien au contraire, hélas !

En effet, l'opposition, réunie en Coalition pour une alternance pacifique en Côte d'Ivoire (CAP-CI), regroupant une vingtaine de partis, commence à mettre, à petite dose, ses menaces à exécution. Au cours d'un meeting tenu ce samedi 31 mai à Abidjan qui a réuni de milliers de partisans, la CAP-CI a tenu à montrer qu'elle n'en démord pas sur ses revendications dont la non-satisfaction empêcherait « la présidentielle d'octobre de se dérouler sereinement ».

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Devant une foule chauffée à blanc et arborant des tee-shirts floqués de mots d'ordre « Elections inclusives », « Elections transparentes », « Exclure, ce n'est pas gagner », les dirigeants de la Coalition se sont succédé au micro pour, d'une part dénoncer l'exclusion de certaines grandes figures de la classe politique et d'autre part, exiger un dialogue politique.

Revendications maximalistes ou stratagèmes politiques pour, sinon reporter le scrutin, du moins, empêcher sa tenue ? La question mérite d'être posée quand on sait qu'en ce qui concerne l'exclusion de certains ténors de l'opposition comme Laurent Gbagbo du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI), Tidjane Thiam du Parti démocratique de Côte d'Ivoire- Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), Guillaume Soro de Générations et peuples solidaires (GPS) et Charles Blé Goudé, il faudrait pour les mettre en course une révision de la liste électorale afin d'y ajouter leurs noms qui n'y figurent pas pour diverses raisons : judiciaires pour Gbagbo, Soro et Blé Goudé, tous ayant été condamnés par la justice ivoirienne et par conséquent déchus de leurs droits civiques et politiques. Quant à Tidjane Thiam, sa double nationalité française et ivoirienne au moment du recensement électoral lui a valu sa radiation de cette fameuse liste électorale qui ne cesse de diviser la classe politique.

Avec ce premier meeting de la CAP-CI, faut-il y voir un tour de chauffe qui annonce des affrontements ouverts entre le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), coalition au pouvoir et la CAP-CI ? En tout cas, à en juger par la tonalité des discours et la détermination des leaders de cette opposition, il faut donc craindre que l'on assiste là aux prémices du « gnaga ».

Mais Dieu seul sait combien cette même classe politique, dans son ensemble, est bien placée pour présumer des conséquences d'une crise électorale dans un pays qui en a payé le lourd tribut en 2010 et 2011.

(1) Bagarre en nouchi, argot à Abidjan

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