Ce vendredi 30 mai, le rideau est tombé sur les 60èmes Assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement (BAD), à Abidjan.
Outre l’élection du nouveau président de l’institution, la présentation du rapport sur les perspectives économiques en Afrique en 2025 a été un autre moment important de ces assises. Le document, présenté par Kevin Urama, économiste en chef et vice-président de la Banque, fait ressortir la résilience des économies. En dépit des incertitudes mondiales de tous ordres, l’Afrique connaîtra une croissance de 3.9% en 2025. Contre 3.3% en 2024. Bien que léger, ce taux va dépasser la moyenne mondiale.
Chaque région du continent va contribuer à tirer l’ensemble vers le haut. L’Afrique de l’Est, avec ses 5.9% de croissance portés par la bonne santé économique de l’Éthiopie, du Rwanda et de la Tanzanie, fait figure de bon élève.
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Dans la partie Ouest, la mise en production de nouveaux gisements de pétrole et gaz au Sénégal et au Niger projette 4,3% de croissance dans cette région, précise le rapport. La part de l’Afrique du Nord (3.6%) n’est pas négligeable dans la légère embellie économique globale du continent. Idem pour l’Afrique centrale (3.2%), selon le document. L’Afrique australe ne progressera que de 2.2%.
Toutefois, alerte la BAD, d’importants défis persistent. Une quinzaine de pays subissent une inflation à 2 chiffres. Les taux d’intérêts sont en hausse. Leur paiement absorbe 27,5% des recettes publiques en Afrique. C’était 19% en 2019.
« L’Afrique doit désormais relever le défi et se tourner vers elle-même pour mobiliser les ressources nécessaires au financement de son propre développement les années à venir », a déclaré Kevin Urama. Une tâche pas impossible. Avec des politiques appropriées, l’Afrique pourrait mobiliser 1430 milliards de dollars supplémentaires de ressources nationales provenant de sources fiscales et non fiscales, estime le rapport.
À condition que ces ressources ne soient pas détournées. En effet, le document souligne que les sorties massives de capitaux compromettent le développement du continent. En comparaison avec les 190.7 milliards de dollars d’entrées financières enregistrées en 2022, l’Afrique a accusé environ 587 milliards de dollars de fuites financières.
Sur ce total, environ 90 milliards de dollars ont été perdus à cause de flux financiers illicites, 275 milliards supplémentaires ont été détournés par les multinationales qui transfèrent leurs bénéfices, et 148 milliards de dollars ont été perdus à cause de la corruption. « Rien ne saurait remplacer une gestion macroéconomique saine, des institutions de qualité, une bonne gouvernance et l’État de droit », a déclaré le vice-président de la BAD, soulignant la nécessité vitale de renforcer la gouvernance en Afrique.
Entre autres recommandations, le rapport appelle à des réformes globales : amélioration de l’administration fiscale grâce à la numérisation, élargissement de l’assiette fiscale nationale, approfondissement des marchés financiers en exploitant l’épargne institutionnelle et en développant les marchés obligataires en devise locale, harmonisation des cadres réglementaires afin de faciliter les investissements transfrontaliers.