Le Royaume-Uni change de ton sur la question du Sahara occidental. Londres considère aujourd'hui le plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental comme « la base la plus crédible ». Déclaration du chef de la diplomatie britannique, ce 1er juin, à Rabat, devant la presse et aux côtés de son homologue marocain, Nasser Bourita.
Avec l'évolution de la position du Royaume-Uni, le Maroc engrange une nouvelle victoire diplomatique sur le dossier épineux du Sahara occidental, qualifié régulièrement par la diplomatie marocaine de « question existentielle » et de « première cause nationale ».
Après les États-Unis en 2020, l'Espagne et l'Allemagne en 2022, la France en 2024, le Royaume-Uni entérine également un changement significatif de sa politique étrangère, en appuyant, de fait, la notion de souveraineté marocaine sur ce territoire, au détriment de l'organisation d'un référendum d'autodétermination.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, considère désormais le plan d'autonomie marocain de 2007 comme « la base la plus crédible, viable et pragmatique pour un règlement durable du différend ».
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Londres compte placer ses entreprises
En affirmant clairement son appui au plan de soutien, le Royaume-Uni compte aussi placer ses entreprises en bonne position pour participer aux importants projets d'infrastructures liés à l'organisation de la Coupe du Monde en 2030. Le communiqué conjoint avec le chef de la diplomatie marocaine indique par ailleurs que l'agence gouvernementale « UK Export Finance » va « considérer soutenir des projets au Sahara ».
Pour rappel, depuis 50 ans, un conflit du Sahara occidental oppose le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie quant au statut de ce vaste territoire, ancienne colonie espagnole, situé au nord de la Mauritanie qui reste considéré comme « non autonome » par les Nations Unies.
L'Algérie « regrette »
Le ministre David Lammy a d'ailleurs précisé que le soutien britannique à la position marocaine s'inscrivait dans le cadre des efforts de l'ONU pour trouver une solution au conflit, et a exhorté les parties concernées « à s'engager de toute urgence et de manière constructive dans ce processus politique ».
Le Maroc rallie donc un soutien de poids, membre permanent du Conseil de sécurité, dans sa bataille diplomatique qui l'oppose principalement à l'Algérie. Alger n'a d'ailleurs pas tardé à réagir et dit « regretter » ce soutien anglais au plan d'autonomie.
Le Royaume-Uni, qui considérait jusqu'à présent le statut du Sahara occidental comme « indéterminé » et tenait une position de neutralité sur le sujet, pourrait voir sa relation avec Alger se dégrader, comme l'ont expérimenté l'Espagne et la France ces derniers mois.