Au Kenya, la détention de Rose Njeri, qui a élaboré un courriel prérempli permettant à ses compatriotes d'exprimer leur désaccord avec la loi de finances publiques 2025, provoque la colère. Ses avocats dénoncent une arrestation illégale et s'indignent de ne pas pouvoir la faire sortir sous caution. Le mot-dièse #freerosenjeri a circulé sur les réseaux sociaux ce week-end, pour demander la libération de cette développeuse informatique. Détails.
C'est une affaire qui provoque la colère au Kenya : une développeuse informatique, Rose Njeri, est en détention depuis le 30 mai 2025 et ses appareils électroniques ont été confisqués. Critique du gouvernement sur X, elle a été arrêtée à Nairobi après avoir élaboré un outil en ligne permettant aux Kényans d'exprimer leur désaccord avec la loi de finances publiques 2025.
Dans le détail, cet outil en ligne, un courriel prérempli, permet en deux clics aux Kényans d'envoyer un message à l'Assemblée nationale pour demander le retrait de la loi de finances publiques 2025. Cette loi doit être votée d'ici la fin du mois, et fait, en ce moment, l'objet d'un processus de participation citoyenne.
Cela « compromet le processus de participation citoyenne »
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Dans son courriel, Rose Njeri cite plusieurs points problématiques, selon elle. Notamment l'ajout d'une TVA sur plusieurs biens de première nécessité qui en étaient jusque-là exemptés. Ou encore une clause qui permettrait aux services des impôts d'accéder à des données privées.
L'année dernière déjà, la loi de finances publiques avait engendré plusieurs journées de manifestations, violemment réprimées. Face à la contestation, le président William Ruto avait fait retirer le texte. Depuis, les organisations de défense des droit humains dénoncent des enlèvements et arrestations répétés visant les critiques du gouvernement.
Le cas de Rose Njeri est donc le dernier exemple en date. Irungu Houghton, directeur d'Amnesty International Kenya, dénonce une arrestation, suivie d'une détention prolongée qui « viole les droits constitutionnels » de la développeuse et « compromet le processus de participation citoyenne »