Au Kenya, la cyberactiviste Rose Njeri, a été libérée sous caution ce 3 juin. Cette développeuse informatique avait été arrêtée vendredi 30 mai après avoir créé une plateforme en ligne qui permet aux citoyens kényans d'exprimer leur désaccord avec la proposition de loi de finances 2026. Ce 3 juin, au tribunal de Milimani à Nairobi, Rose Njeri a été inculpée pour « interférence non autorisée avec un système informatique », une charge qui tombe sous le coup de la loi contre la cybercriminalité.
D'après le ministère public, Rose Njeri est responsable d'avoir créé un programme informatique qui inondait de messages indésirables, la commission des finances du Parlement du Kenya. Une atteinte, donc, aux consultations citoyennes en cours sur la proposition de loi de finances.
Un argumentaire que la défense de Rose Njeri trouve fallacieux. « L'acte d'accusation est gravement défectueux et ne peut servir de base à une plaidoirie » explique Faith Odhiambo, présidente de la Société kényane du droit.
Vive émotion à travers le Kenya
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Cette affaire suscite une vive émotion au Kenya. Pour sa défense, Rose Njeri a bénéficié des services d'une centaine d'avocats à titre bénévole, dont l'ancien président de la cour Suprême, David Maraga et l'ancien ministre des Affaires étrangères, Kalonzo Musyoka. Tous deux pressentis candidats à la prochaine élection présidentielle.
« Ils connaissent le pouvoir des idées et les redoutent » affirme Rose Njeri à la sortie de l'audience. À la jeunesse kényane, elle déclare « N'ayez pas peur de penser, soyez inspirés et restez fermes dans vos convictions, peu importe les intimidations. »
Rose Njeri a recouvré la liberté ce 3 juin, après le paiement d'une caution de 100 000 shillings, environ 700 euros. La prochaine audience est prévue le 20 juin.