Sénégal: Education sur la santé reproductive des jeunes - ADOS un projet pour briser les barrières

4 Juin 2025

Dans un contexte où les sujets liés à la sexualité, à la santé reproductive, au viol ou encore aux mutilations génitales demeurent largement tus au sein des familles africaines, le programme ADOS (Amélioration de la santé de la reproduction des adolescentes au Sénégal) vient se positionner comme un moyen pour changer les mentalités. Cette initiative vise à briser le silence et à déconstruire les normes sociales néfastes, mais surtout à promouvoir la santé des jeunes filles.

Si la question de l'éducation sexuelle prend une autre portée à ce jour, il faut dire que plusieurs acteurs se donnent le meilleur afin d'informer et de former les jeunes pour la promotion de la santé en Afrique.

Au Sénégal, le programme ADOS est une initiative de cinq ans allant de 2020 à 2025 mis en œuvre par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) avec le soutien d'Affaires mondiales Canada (AMC).

Son objectif est d'améliorer durablement la santé sexuelle et reproductive des adolescentes en tenant compte des violences basées sur le genre, des normes sociales néfastes et des inégalités de genre.

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Par ailleurs, ce programme a permis de renforcer les connaissances et les capacités de plus de 350 adolescents, particulièrement les filles, sur les questions de la santé de la reproduction et les mécanismes de lutte contre les violences basées sur le genre.

Présent dans dix régions du Sénégal à travers seize projets locaux, ADOS a touché de nombreux jeunes, en grande majorité des adolescentes. À Kaolack et à Gossas, deux des zones d'intervention prioritaires, le projet s'est concentré sur les défis cruciaux que sont les mariages, les grossesses précoces, les violences basées sur le genre (VBG) et l'accès inégal aux services de santé adaptés.

Il faut noter que l'AMC investit dans la recherche de haute qualité dans les pays en développement ou en voie de développement, partage des connaissances avec des chercheurs et des décideurs politiques pour une adoption et une utilisation accrues, et mobilise des alliances en vue de bâtir un monde plus durable et inclusif.  

Parmi les visages de cette mobilisation qui s'est faite au Sénégal, on trouve Fatou Bintou Diène qui incarne cette jeunesse formée et engagée. Aujourd'hui leader dans sa communauté, elle partage ses connaissances avec d'autres adolescents. « Les thèmes que nous abordons sont la santé sexuelle, la santé reproductive, les violences basées sur le genre. J'ai été formée en leadership, en plaidoyer et en développement personnel. Aujourd'hui, je suis capable de transmettre ce que j'ai appris à d'autres jeunes » apprend-on d'elle.

Un témoignage qui illustre un des piliers du programme « l'autonomisation des jeunes filles », où elle devient elle-même actrice du changement dans son entourage.

Il faut dire que le programme ADOS a été mis en œuvre par 16 projets locaux dans 10 régions et localités et qu'il a touché 141 000 jeunes. De plus, 414 décideurs locaux ont été formés sur les thématiques de la santé de la reproduction et de la violence basée sur le genre, et 75% des relais communautaires ont développé des actions de lutte ou de prévention des violences basées sur le genre.

Cette conférence pour la session 2025 d'Ados a présenté les résultats et impacts des 16 projets déployés à travers le pays tout en déployant ses objectifs, qui sont de mettre en lumière les leçons apprises et les bonnes pratiques en matière de santé reproductive des adolescentes. Elle propose aussi des recommandations concrètes pour les décideurs et parties prenantes tout en mobilisant les acteurs clés autour d'un plaidoyer fort pour un changement durable et en favorisant les échanges entre chercheurs, praticiens, jeunes leaders et autorités.

Alors que la santé reproductive des adolescentes reste encore un sujet tabou dans de nombreuses familles, le programme ADOS démontre qu'un changement est possible à travers l'éducation, le dialogue intergénérationnel et communautaire, ainsi que l'implication active des jeunes.

L'objectif de ce projet est d'identifier et de mettre en œuvre des stratégies efficaces, basées sur des données probantes générées par le projet et permettant de prévenir et de réduire les mariages et les grossesses précoces ainsi que les problèmes connexes dont les adolescentes, de 10 à 19 ans, font face dans les zones de Kaolack et de Gossas au Sénégal.  Ces problèmes sont liés aux droits d'accès et de jouissance des adolescentes en matière de santé de la reproduction.

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