Libye: Les sites de graves abus doivent être mis sous scellés et faire l'objet d'une enquête, selon l'ONU

4 Juin 2025

Le chef des droits de l'homme des Nations Unies, Volker Türk, s'est déclaré mercredi choqué par les découvertes dans des centres de détention officiels et non officiels gérés par un groupe armé à Tripoli, en Libye, appelant à la mise sous scellés des sites et à des enquêtes rapides, indépendantes et transparentes de la part des autorités libyennes.

Ces sites étaient sous le contrôle de l'Appareil de soutien à la stabilité (SSA), un influent groupe armé basé dans le quartier populaire d'Abou Slim, dans le sud de Tripoli.

Selon M. Türk, ces découvertes confirment les constatations faites de longue date par l'ONU et les récits de divers témoins, concernant l'existence de ces sites et l'ampleur des violations commises, y compris la torture et les disparitions forcées.

« Nos pires craintes se confirment : des dizaines de corps ont été découverts sur ces sites, ainsi que des instruments de torture et d'abus présumés, et des preuves potentielles d'exécutions extrajudiciaires », a affirmé dans un communiqué le chef des droits de l'homme de l'ONU.

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Exhumation de dizaines de corps

Entre le 18 et le 21 mai, le Bureau des droits de l'homme de l'ONU a reçu des informations sur l'excavation de 10 corps carbonisés au siège de ce groupe armé à Abu Salim, ainsi que sur la découverte d'un total de 67 corps dans des réfrigérateurs aux hôpitaux d'Abu Salim et d'Al Khadra.

Certains des corps seraient dans un état de décomposition avancé en raison de coupures d'électricité dans l'hôpital. L'identité des corps n'a pas été précisée dans l'immédiat. Un lieu de sépulture aurait également été découvert au zoo de Tripoli, géré par cette milice.

Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH), les sites ont été découverts après l'assassinat d'Abdul Ghani al-Kikli, le chef du SSA, le mois dernier. Les affrontements qui ont suivi le 13 mai dernier entre les forces de sécurité de l'État et les groupes armés ont déclenché des manifestations appelant à la fin de la violence à Tripoli, entraînant la mort de plusieurs civils et d'un officier de police, ainsi que d'importants dommages à des biens civils, y compris des hôpitaux.

Autoriser l'ONU à accéder aux sites

« Ces sites doivent être mis sous scellés et toutes les preuves potentielles doivent être préservées afin de soutenir les efforts immédiats d'établissement des responsabilités. Les responsables de ces actes atroces doivent être traduits en justice sans délai, conformément aux normes internationales », a dit M. Türk.

Il a demandé aux autorités d'autoriser l'ONU à accéder aux sites dans le cadre de son mandat visant à documenter les violations des droits de l'homme.

Le Haut-Commissaire a pris note de l'annonce faite par le Procureur général sur la création de comités chargés d'enquêter sur les violations des droits humains et les abus commis par les acteurs de la sécurité de l'État et les groupes associés au cours des affrontements. Il a également appelé les autorités à veiller à ce que l'assassinat d'Abdul Ghani al-Kikli et les abus commis par tous les acteurs fassent l'objet d'une enquête rapide et approfondie, en vue de garantir une reddition des comptes.

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