Burkina Faso: Liste électorale définitive ivoirienne - Que vont faire maintenant les « excommuniés de la présidentielle » ?

C'est maintenant irrévocable. Dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 juin 2025, la Commission électorale indépendante (CEI) a publié la liste électorale définitive pour la présidentielle d'octobre 2025.

Le document provisoire a été rendu public le 17 mars et son affichage dans toutes les circonscriptions a eu lieu le 21 mars. À partir du 22 mars, tous les citoyens ivoiriens pouvaient déposer une réclamation en cas d'incohérence ou pour toute autre raison.

Plus de deux mois après, les choses sont maintenant claires. Et comme il fallait s'y attendre, des personnalités de premier plan ne figurent pas sur la liste définitive, notamment Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé. Les quatre concernées ont beau crier à l'injustice sur tous les toits, leur cause n'aura pas été entendue. Rappelons que si les trois derniers hommes politiques cités ont été rayées des listes électorales, c'est en raison de leur condamnation par la justice ivoirienne.

Quant à Tidjane Thiam, sa disqualification est née de l'affaire de sa nationalité. S'il a renoncé à sa nationalité française, la justice a tenu compte du fait qu'il était toujours français au moment de son inscription sur la liste électorale.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

En réalité, on ne voyait pas trop comment les indésirables d'Abidjan auraient pu se tirer d'affaire. La seule solution à leur problème est d'abord politique. En effet, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, et de nombreuses autres personnalités politiques, avaient bénéficié d'une grâce présidentielle qui n'effaçait pas leur peine. C'est pourquoi, depuis, ils n'ont eu de cesse de revendiquer une amnistie pleine et entière qui les aurait remis en selle. Cette loi n'ayant jamais été votée par le pouvoir en place, on comprend donc que l'ancien président de la République et son ministre de la Jeunesse fassent les frais de leur condamnation, même si le procès par contumace qui les avait condamnés avait une forte résonance politique.

Pas plus tard que la semaine passée, la Coalition pour une alternance pacifique en Côte d'Ivoire (CAP-CI) avait organisé une manifestation pour réclamer à nouveau cette amnistie. Le fil du dialogue est plus que jamais rompu. Et on se demande si l'on s'achemine une fois de plus vers des élections tumultueuses comme la Côte d'Ivoire en a l'habitude depuis maintenant une vingtaine d'années.

Maintenant que la messe est dite et que les excommuniés politiques connaissent leur sort, la question se pose de savoir comment réagiront les chapelles politiques.

En tout cas, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, avait prévenu il y a quelques semaines qu'il ne tolérerait pas le désordre. Autrement dit, si les mécontents voulaient transporter la politique dans la rue, la puissance publique n'hésiterait pas à utiliser les moyens nécessaires pour les mater, avec toutes les conséquences qui pourraient découler si d'aventure des échauffourées devaient survenir dans les semaines et les mois à venir.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.