Madagascar: Poursuite contre le vice-président de la CENI - Arsène Dama condamne la plainte du général Richard Ravalomanana

Une passe d'armes inédite oppose désormais le président du Sénat, Richard Ravalomanana, au président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Arsène Dama avec en toile de fond une affaire de fuite de document, une poursuite judiciaire controversée.

Le malaise a éclaté au grand jour et le torchon brûle entre Richard Ravalomanana, président du Sénat, et Arsène Dama, président de la Commission électorale nationale. Ce dernier n'apprécie pas le sort qu'a fait réserver le Sénat au vice-président de la CENI Andoniaina Andriamalazaray. Ce deuxième homme fort à Alarobia est sous la coupe d'une poursuite judiciaire initiée par la Chambre haute. Un coup qui n'est pas du tout du goût des membres du bureau permanent de la commission électorale et de leur président. Ils ont décidé de briser le silence et ont levé leur voix pour accuser et condamner la "démarche du président du Sénat".

Hier, dans les locaux feutrés de la CENI à Alarobia, c'est une conférence de presse au ton inhabituel qui a été convoquée. Loin des habituels points techniques sur le calendrier électoral ou l'organisation des scrutins, la rencontre avait pour objectif de dénoncer ouvertement la poursuite judiciaire initiée par le Sénat à l'encontre du vice-président de la CENI, Andoniaina Andriamalazaray. Dans une déclaration ferme, Arsène Dama a exprimé l'indignation de son institution. « Nous condamnons la poursuite engagée par le président du Sénat contre le vice-président de la CENI », a-t-il déclaré avec gravité. Magistrat de formation, le président de la Commission électorale n'a pas mâché ses mots pour pointer ce qu'il considère comme une violation manifeste des textes en vigueur qui régissent la Commission électorale.

Avis préalable

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Le président du Sénat est pointé du doigt par son homologue de la CENI pour avoir violé dans la démarche judiciaire de son institution les textes en vigueur qui régissent la CENI. « La poursuite contre un membre du bureau permanent de la Commission électorale nationale devrait suivre une procédure interne spécifique suivant les textes en vigueur qui régissent cet organisme, notamment l'avis préalable du bureau permanent », a rappelé Arsène Dama dans sa déclaration à la presse hier. Or, le Sénat aurait omis cette étape, ce qui provoque l'ire des membres de la CENI.

Une proposition de loi portant révision des textes électoraux, élaborée en interne au sein du Sénat, dont le contenu s'est retrouvé publié sur les réseaux sociaux, est au coeur du litige. Le Sénat a porté plainte contre un journaliste, aujourd'hui poursuivi pour « publication d'un document non autorisé », et, en coulisse, le vice-président de la CENI, soupçonné d'être lié à la fuite. Une accusation que la CENI rejette en bloc. « Nous ne sommes pas les premiers à avoir divulgué ce document », a défendu Arsène Dama, réfutant toute responsabilité de son vice-président.

La révision des textes régissant les élections, qui est un domaine de prédilection de la CENI, est au centre de cette embrouille judiciaire. La Commission électorale, quant à elle, clame haut et fort qu'elle est habilitée à aborder un tel sujet. Et le président de la CENI a, de plus, défendu les propos publics de son vice-président, affirmant qu'ils étaient le fruit d'une position concertée au sein de la Commission.

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