Les Ogiek, une communauté de la vallée du Rift, dans le Centre du Kenya se battent pour leurs terres depuis des dizaines d'années. Ils étaient de retour devant la Cour africaine des droits de l'homme, à Arusha en Tanzanie, cette semaine. Les Ogieks viennent de la forêt de Mau, d'où ils ont été expulsés à plusieurs reprises dans l'histoire kényane. En 2017, la Cour africaine des droits de l'homme a jugé qu'ils devaient récupérer leurs terres. Mais six ans plus tard, rien n'a été fait.
La décision de la Cour d'Arusha implique notamment : la restitution de terres aux Ogieks et une compensation financière d'environ 1,3 million de dollars pour les préjudices subis.
Des mesures que le gouvernement kényan rechigne à mettre en place. Pire, selon Albert Barume, rapporteur spécial des Nations unies pour les droits des peuples autochtones, les autorités kényanes ont même recommencé à clôturer la forêt. « Cette démarcation menace les droits de plus de 8 500 Ogieks », écrit-il dans un communiqué.
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La spoliation des Ogieks dure depuis la colonisation. Aujourd'hui, les autorités kényanes les accusent de participer à la déforestation en coupant du petit bois de chauffe. La forêt de Mau est cruciale pour l'économie de la région : elle représente notamment un réservoir d'eau naturel pour les terres arables alentours.
Le mois passé, lors de l'inauguration de l'aéroport de Narok, capitale du comté, le président William Ruto a remis un titre de propriété, aux autorités locales, assurant « mettre ainsi un terme aux conflits autour de la forêt ».
La Cour africaine des droits de l'homme quant à elle s'est retirée pour délibérer. Dans un communiqué, la communauté ogiek se dit « optimiste ».