Addis Ababa — Dix-huit ans après avoir signé un partenariat clé dans le domaine de la pêche avec l'Union européenne, le Gabon a annoncé son intention de se retirer unilatéralement de l'accord.
Le pays a justifié son retrait de l'accord par un déséquilibre des bénéfices et des préoccupations croissantes concernant l'exploitation des ressources.
L'accord, établi en 2007, permettait aux navires européens de pêcher dans les eaux gabonaises en échange d'un soutien financier au secteur de la pêche du Gabon.
Cependant, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a qualifié l'accord de "déséquilibré", arguant que les flottes européennes ont tiré des bénéfices considérables, alors que le Gabon n'a vu que des retours limités.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Libreville tire aujourd'hui la sonnette d'alarme quant à la surexploitation potentielle de ses ressources marines et au manque d'investissements et de création d'emplois résultant du partenariat.
Le fait que les poissons capturés dans le cadre de l'accord soient expédiés directement en Europe sans être débarqués ni transformés au Gabon, une pratique à laquelle le gouvernement souhaite désormais mettre fin, constitue un point de friction majeur.
Dans sa déclaration officielle, le gouvernement gabonais a insisté sur la nécessité d'obtenir des retombées économiques locales et a exprimé le souhait de développer des capacités nationales de transformation du poisson.
L'Union européenne a réagi avec surprise mais a reconnu le droit souverain du Gabon à se retirer. Bruxelles a également indiqué qu'elle restait ouverte aux négociations.
Cette décision marque un changement important dans l'approche du Gabon en matière de gestion de ses ressources naturelles, l'accent étant mis à nouveau sur le contrôle national et l'autosuffisance économique.