Comment donner goût à la lecture et à l'écrit, dès le plus jeune âge ? Comment faire passer des messages liés à l'hygiène, la sécurité ou toute autre thématique, à un public illettré ? À Madagascar, de plus en plus d'organisations utilisent un outil venu tout droit du Japon : le kamishibai, littéralement « théâtre de papier ».
Ce matin-là, ils sont une trentaine de jeunes enfants, assis devant Ravaka Tahirimihamina. « On ouvre grand les yeux. Et maintenant, on ouvre grand les oreilles pour écouter une magnifique histoire... » Entre les mains de la conteuse, un petit théâtre en bois, dans lequel est insérée une série d'illustrations.
« Quand on ouvre notre petit théâtre, nous allons faire "aaaaah". À vous ! » Les enfants s'exécutent. « Tout le monde voit bien ? Nous allons raconter l'histoire de Jao le Caméléon », raconte Ravaka Tahirimihamina, devant un public attentif.
La narratrice raconte l'histoire en faisant défiler les images une par une. L'auditoire est captivé.
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Stimuler les enfants « à travers leur regard et leurs oreilles »
« La lecture, ça commence aussi par écouter », explique Ravaka Tahirimihamina. « L'intérêt en fait, c'est de partager un moment avec les enfants et les stimuler à travers leur regard et leurs oreilles. Et le kamishibai, en fait, c'est un très bon moyen parce qu'il est très visuel. », souligne-t-elle.
« Même s'ils ne comprennent pas tout, on réussit à attirer leur attention sur la lecture, les sons, les couleurs. Et ça leur permet, en fait, de faciliter plus tard leur rentrée dans la lecture », conclut-elle.
Outil pertinent, donc, pour l'apprentissage de la lecture, il est aussi très adapté aux personnes en situation d'illettrisme. En valorisant l'oralité et le visuel, ce format de récit immersif permet, selon les études réalisées sur le sujet à Madagascar, « de transmettre des messages sociaux et pratiques de manière ludique », sans discrimination.