Burkina Faso: 2e Conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones - Vers une synergie renforcée entre science, médias et société

Le Réseau des Journalistes Scientifiques d'Afrique Francophone (RJSAF) organise, du 9 au 14 juin 2025 à Abidjan, en Côte d'Ivoire, la 2e Conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones (CMJSF), placée sur le thème : « One Health - Une seule santé ». La cérémonie d'ouverture s'est tenue le mardi 10 juin 2025 dans la capitale économique ivoirienne.

Plus de 100 participants - journalistes, chercheurs, enseignants et experts - venus de 17 pays francophones (d'Afrique, d'Amérique du Nord, d'Iran et d'ailleurs) prennent part à cette édition à Abidjan, marque une étape importante pour l'avenir du journalisme scientifique francophone. La conférence s'est ouverte le mardi 10 juin 2025. Pour le président du RJSAF, Kossi Balao, cette rencontre incarne la force d'une communauté soudée par une ambition commune : promouvoir une information scientifique de qualité au service du bien commun. Il a rappelé que le thème « Une seule santé » met en évidence l'interdépendance entre la santé humaine, animale, végétale et environnementale. « Cette conférence est bien plus qu'un simple programme d'activités. Elle constitue un espace de formation, de réflexion, mais surtout d'engagement collectif », a-t-il confié.

De son côté, le président de Médias pour la Science et le Développement, Mamadou Traoré, a souligné que cette conférence est le fruit d'un long processus de mobilisation. « Cet événement est né d'une conviction forte : un journalisme scientifique robuste est indispensable à un monde durable », a-t-il affirmé, appelant à un rapprochement accru entre journalistes et scientifiques. Il a insisté sur la nécessité de diffuser une information scientifique accessible, compréhensible et rigoureuse, particulièrement dans un contexte de crises globales qui exigent une culture scientifique renforcée.

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Il a également rappelé le contexte difficile dans lequel la conférence a été organisée : « Depuis la pandémie, les financements se font plus rares et l'aide internationale diminue. Pourtant, nous avons tenu bon. » Selon lui, le thème « Une seule santé » s'inscrit dans une logique globale et intégrée, en lien avec la sécurité alimentaire, la lutte contre les zoonoses, la santé environnementale ou encore la résistance antimicrobienne. Il a exprimé l'espoir que ces échanges permettront d'éclairer les politiques publiques et de rapprocher la science des citoyens.

Quant au directeur du Laboratoire des Sciences de la Communication, des Arts et de la Culture, Pr Kamaté Bauman, partenaire scientifique principal de l'événement, il a salué l'importance stratégique de cette conférence. « Elle représente une plateforme incontournable pour réaffirmer le rôle essentiel du journalisme scientifique dans un monde en quête de vérité, de santé et de durabilité. »

Le panel inaugural, consacré au thème « Journalistes et chercheurs : sommes-nous prêts pour le défi du One Health ? », a réuni des chercheurs, médecins, vétérinaires et journalistes scientifiques.

Une vision holistique de la santé : « One Health »

Pour le Dr Sita Savané Kronan, spécialiste en santé publique et communautaire, l'approche « Une seule santé » va au-delà d'une simple définition scientifique. « Elle repose sur des collaborations intersectorielles pour prévenir et gérer les crises sanitaires, en intégrant la surveillance des zoonoses, la résistance aux antimicrobiens, la gestion des risques environnementaux, et la participation active des communautés locales. »

Pour sa part, le directeur des services vétérinaires de Côte d'Ivoire, le Dr Vincenzo Kallo a souligné l'importance cruciale d'une approche globale et interdisciplinaire de la santé. Il rappelle que le rôle des vétérinaires dépasse largement la simple prise en charge des animaux. Il a soutenu que le concept de One Health (Une seule santé), est une approche qui intègre de manière égale la santé humaine, animale et environnementale. « Ces trois dimensions sont interdépendantes. Il est fondamental de ne pas les dissocier », affirme-t-il.

Pour le Dr Kallo, cette approche nécessite une collaboration étroite entre disciplines. « Il ne suffit pas de réunir des professionnels. Il faut travailler ensemble, avec une véritable transdisciplinarité », a-t-il insisté.

Le troisième paneliste, Dr Estile Raphaël N'Doua de l'ONG SOS Forêt a quant à lui souligné l'importance d'une approche véritablement intégrée de la santé. « L'approche One Health intègre les dimensions humaine, animale et environnementale. Cependant, le pilier environnemental reste souvent marginalisé. Or, les dégradations environnementales ont un impact direct sur la santé des écosystèmes et, par conséquent, sur celle des populations humaines. Il est donc crucial d'accorder une attention renforcée à la santé environnementale », a-t-il relevé. Il a ainsi noté que la proximité croissante entre l'homme et les milieux naturels dégradés a favorisé l'émergence de maladies, et cela doit nous alerter.

Le dernier paneliste, président du Réseau des journalistes scientifiques d'Afrique francophone, Kossi Balao milite pour une meilleure vulgarisation de la science dans l'espace francophone. Pour lui, le concept de "One Health" ne doit pas rester une abstraction technocratique, mais s'ancrer dans les réalités locales pour être compris et accepté.

Kossi Balao a comparé le journalisme scientifique à un pont entre les chercheurs, les institutions et le grand public. « Il faut décrypter le jargon, reformuler les résultats scientifiques, susciter le débat, contextualiser. C'est un travail de médiation », a-t-il noté.

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