Bénin: Majorité présidentielle béninoise - Houngbédji tourne le dos à Talon

Le divorce n'est pas encore consommé, mais on en prend visiblement le chemin.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'UP-R du président béninois Patrice Talon et le PRD d'Adrien Houngbédji ne filent plus le parfait amour. Les deux conjoints ne communiquent guère plus que par déclarations fracassantes.

L'Union progressiste (UP), le parti du président béninois, avait, rappelons-le, fusionné avec le Parti du renouveau démocratique (PRD) d'Houngbédji pour créer l'UP-R (Union progressiste, le renouveau) en 2022. Quelque trois ans après, l'idylle politique est en train de virer au vinaigre. C'est en tout cas ce que laisse entrevoir le secrétaire général du PRD, pour qui les militants de son parti ne se sentent plus à l'aise dans cette fusion. Tirant argument du fait que les deux partis se sont mis d'accord sur une base et que cela n'a pas fonctionné.

Dès lors, il ne reste plus d'autre choix que la séparation, même si la fracture n'est pas encore totalement consommée, car le PRD entend consulter sa base pour prendre une décision définitive. « Ils sont libres de partir, nous ne les retiendrons pas », rétorque de son côté le porte-parole du gouvernement.

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Le hic dans cette affaire, c'est cette correspondance du ministre de l'Intérieur qui indiquait que le PRD avait cessé d'exister dès lors qu'il avait fusionné. Autrement dit, Houngbédji ne peut plus reprendre son parti initial avec tous ses attributs. « C'est contraire à la réalité au regard des textes et des faits », fulmine l'avocat de profession Houngbédji.

Quoi qu'il en soit, même s'il retrouve son parti avec tous les attributs, la formation politique fondée par l'octogénaire semble prête à quitter le navire présidentiel. En effet, Adrien Houngbédji n'a pas ménagé ses critiques. Récemment, il a publiquement critiqué le code électoral et a demandé, comme l'opposition, le retour des exilés politiques. « Les meilleures lois sont celles qui sont consensuelles », martèle le vétéran.

Quelle divergence de fond y a-t-il entre les deux partenaires pour qu'il en arrive à une telle situation ? La question reste posée. On ne peut néanmoins s'empêcher de se demander si cette rupture n'est pas liée à la prochaine présidentielle béninoise qui aura lieu en avril 2026. À un peu moins d'un an de cette échéance politique nationale, les manoeuvres politiques semblent avoir déjà commencé dans l'ancien Dahomey. Même si, à 83 ans, Adrien Houngbédji ne peut plus faire acte de candidature, il n'est pas interdit de penser que son parti veut reprendre sa liberté pour avoir son propre candidat à la présidentielle.

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