Le procès en appel du leader syndicaliste et enseignant Ghislain Dugarry Assi s'est tenu ce mercredi 11 juin. Il avait été condamné en première instance à deux ans de prison ferme pour « coalition d'agent public » et « entrave au fonctionnement du service public ». Lors de l'audience, les débats se sont focalisés sur l'exercice du droit syndical.
« Je ne reconnais pas les faits », a affirmé Ghislain Dugarry Assi, qui a comparu libre. Il bénéficie, en effet, d'une liberté conditionnelle depuis près d'un mois. L'enseignant est d'abord revenu sur les conditions de son arrestation, survenue dans la nuit du 2 au 3 avril, vers 1h du matin.
Cette nuit-là, « des hommes armés ont défoncé la porte d'entrée. Ils m'ont pris des documents et des téléphones », a-t-il expliqué. Son avocat a dénoncé, dans la foulée, une « violation flagrante des libertés des droits humains », puisque selon lui, aucune convocation ou mandat d'arrêt n'a été délivré au préalable. Son arrestation s'est produite « en dehors du cadre légal », a insisté Me Paul-Léon Boto.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
L'enjeu de cette audience est de savoir si l'enseignant a divulgué les messages de sensibilisation à la grève en respectant la loi. La justice lui reproche d'avoir incité à la grève pendant les heures de cours. « Il n'est pas permis d'exercer le droit syndical un jour ouvrable », a lancé la juge. Interrogé par l'avocat général, Ghislain Dugarry Assi a affirmé avoir distribué des tracts aux directeurs de plusieurs écoles, pendant des jours ouvrables. « Chaque mois, nous avons quinze heures pour l'exercice de nos droits syndicaux. Et ces heures sont payées », a-t-il précisé.
L'avocat général a, de son côté souligné, qu'au moment de l'enquête, le syndicaliste avait signé un procès-verbal, dans lequel il reconnaissait les infractions. Sur cette lancée, il a rappelé que la grève est un droit garanti par l'article 17 de la Constitution en Côte d'Ivoire. Le délibéré de cette affaire a été fixé au 16 juillet 2025.