À Madagascar, un face-à-face entre les députés et le gouvernement a débuté ce 12 juin 2025 à l'Assemblée nationale. L'exercice prévu par la Constitution est l'une des rares occasions pour les élus indépendants et d'opposition, minoritaires dans l'hémicycle, de confronter l'exécutif.
Fait notable, la session a eu lieu sans la ministre des Affaires étrangères et le ministre de l'Environnement, tous deux très attendus sur des dossiers-clés : le différend des Îles Éparses avec la France et un projet minier vivement contesté dans le sud du pays. Durant cette première journée, les élus ont donc interpellé le gouvernement sur les urgences socio-économiques.
Le retour en force des délestages, les coupures d'eau et l'insécurité : face aux membres du gouvernement, les élus pointent les mêmes maux quels que soient leur couleur politique et le ton choisi pour le dire.
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Gascar Fenosoa, député indépendant à Antananarivo, fait partie des voix qui interpellent le plus frontalement le Premier ministre de Madagascar, Christian Ntsay. « Cela fait sept ans que vous dirigez le gouvernement et, aujourd'hui, 80% des Malgaches vivent sous le seuil de pauvreté, selon la Banque Mondiale, a souligné Gascar Fenosoa. La situation ne s'améliore pas. Monsieur le Premier ministre, chers ministres, seriez-vous prêt à démissionner si vous sentiez que vous aviez échoué ? »
« On est censé être tous soucieux de l'avenir de notre pays »
Une partie de l'hémicycle se montre alarmiste. Le coût de la vie augmente, une crise de l'emploi en zone urbaine couve depuis l'annonce d'éventuels droits de douane sur les produits exportés vers les États-Unis. Mais le budget de l'État, voté en novembre pour l'année en cours, ne sera pas rectifié, s'agace l'élue indépendante de Vatomandry, Sophie Ratsiraka : « Aujourd'hui, plus que jamais, nous avons besoin d'une loi de finances adaptée à la conjoncture. On a presqu'atteint les 8% d'inflation, ce n'est plus possible. Il faut au moins qu'on en parle entre personnes responsables. On est censé être tous soucieux de l'avenir de notre pays. »
Le face-à-face va se poursuivre ce 13 juin, laissant une ultime occasion aux élus de demander des clarifications publiques sur la position de la diplomatie malgache dans le dossier des îles Éparses. Le 30 juin prochain, la commission mixte mise en place pour tenter d'avancer sur ce différend territorial avec la France se réunira à Paris.