Madagascar: Le gouvernement répond à la fatigue des habitants d'Antananarivo face aux délestages

Les habitants d'Antananarivo perdent patience face à la multiplication des délestages, parfois plus de douze heures par jour. La semaine dernière, des manifestations spontanées ont éclaté à la nuit tombée dans plusieurs quartiers de la capitale. Ces coupures de courant sont habituelles pendant la saison sèche, mais elles ont commencé plus tôt cette année. Face à ces pénuries, le gouvernement entend accélérer l'installation de parcs solaires et d'une nouvelle centrale thermique.

À l'origine de la multiplication des délestages à Antananarivo depuis plusieurs semaines, le ministre de l'Énergie et des Hydrocarbures, Olivier Jean-Baptiste, identifie « une conjugaison de phénomènes ». À commencer par une saison des pluies plus courte qu'à l'accoutumée. « Au mois de mai, on a déjà constaté que les rivières et les fleuves qui alimentent plusieurs centrales hydroélectriques ont baissé beaucoup plus vite que d'habitude », explique le ministre. Conséquence : ces centrales tournent à environ 50 % de leur potentiel réel. Alors qu'elles peuvent satisfaire jusqu'à 70 % de la fourniture en électricité de la capitale en saison des pluies, cette part descend à 50 % actuellement. Les centrales thermiques, plus coûteuses, car alimentées au fioul lourd, complètent ce mix énergétique, sans pour autant répondre à tous les besoins.

Autre explication avancée par le ministre : l'état du réseau interconnecté d'Antananarivo. « C'est un réseau relativement ancien et qui est déjà saturé en matière de conduite d'électricité sur les différentes lignes. La sous-station de Tana-sud est en situation de saturation permanente, ce qui a provoqué un gros incident technique. »

Nouvelle centrale thermique et parcs solaires

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Pour réduire les délestages, le gouvernement mise notamment sur la future centrale thermique d'Ambohimanambola, d'une capacité de 105 Mégawatts. « L'objectif est que cette centrale soit entièrement opérationnelle en fin d'année, et on travaille avec le prestataire pour que certains moteurs entrent même en service avant », explique Olivier Jean-Baptiste. Les équipements, moteurs et autres alternateurs, lourds de plusieurs dizaines de tonnes, doivent encore être transportés du port de Tamatave via la route nationale 2. Un véritable défi technique et logistique impliquant le renforcement de douze ponts.

« Nous devons aussi accélérer l'installation de parcs solaires, ce qui permettra d'augmenter la production tout en abaissant le coût de revient de l'énergie » ajoute le ministre de l'Énergie et des Hydrocarbures. « L'objectif principal est de réduire les délestages de manière drastique et à terme de les supprimer ».

« À Madagascar, la puissance installée sur l'ensemble du territoire est de 800 MW, avec une puissance disponible variant entre 500 et 550 MW. L'objectif est d'arriver à multiplier par deux et demi à trois. Il faudrait dans les 2000 MW sur l'ensemble du territoire. Donc, il faut accélérer tous les grands projets de centrales hydroélectriques ou de parcs solaires qui avaient été annoncés. On ne pourra pas éliminer toute la part du thermique, mais au moins la production d'énergie électrique d'origine renouvelable représentera 70 à 80 % de la production », explique le ministre.

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