Kenya: Une vidéo met à mal la version de la police dans la mort du militant Albert Ojwang

Au Kenya, nouvelles révélations dans l'affaire de la mort d'Albert Ojwang. Cet enseignant et blogueur est décédé en détention il y a une semaine. Il avait été arrêté après avoir accusé de corruption, sur les réseaux sociaux, le chef adjoint de la police nationale. D'après la police, Albert Ojwang s'est suicidé dans sa cellule, ce que l'autopsie conteste. Les officiers assurent avoir immédiatement porté secours à l'intéressé. Une version contredite par la vidéosurveillance d'un hôpital.

La vidéo montre l'entrée et le parking de l'hôpital de référence Mbagathi, à Nairobi, capitale du Kenya. On y voit la voiture de police dans laquelle se trouve Albert Ojwang se garer vers 1h35 du matin, le 8 juin. Ce n'est qu'à 2h, qu'Albert Ojwang, est admis au service des urgences. Il souffre pourtant de graves blessures à la tête.

Que se passe-t-il pendant ces trente minutes ? La vidéo montre les policiers descendre de la voiture, parler longtemps sur le parking, recevoir un coup de fil avant de finalement sortir Albert Ojwang du véhicule. Son corps est déjà inerte.

« Le patient est arrivé mort », selon un rapport hospitalier

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Le rapport de l'hôpital ne laisse aucun doute : « Le patient est arrivé mort. » Les deux infirmières qui l'ont rédigé, stipulent que « sa tête et son visage étaient enflés. Du sang sortait par l'arrière du crâne, les yeux et la bouche ».

Ces images contredisent donc les explications de la police. Devant le Sénat, la semaine précédente, son inspecteur général, assurait encore qu'Albert Ojwang avait été transporté en urgence à l'hôpital par ses officiers. Dans son rapport, la police avait affirmé que la victime s'était suicidée en se frappant la tête contre les murs, ce qu'a démenti l'autopsie pratiquée le 10 juin, assurant que ces blessures provenaient d'un tiers.

Depuis le 13 juin, trois arrestations ont été faites dans le cadre de cette affaire : deux policiers dont le commandant du poste où était détenu Albert Ojwang, ainsi qu'un technicien, soupçonné d'avoir effacé les vidéos du commissariat.

AllAfrica publie environ 400 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.