Cote d'Ivoire: Le ministère de la Santé tente de calmer une vague de reproches en ligne d'usagers

En Côte d'Ivoire, appelez un numéro vert, écrivez un courrier à l'administration : voilà comment le ministère de la Santé invite les usagers des hôpitaux publics à faire part de leurs réclamations via les canaux officiels. Une demande formulée dans un communiqué ce week-end et qui fait polémique, alors que plusieurs personnes étalent publiquement leurs reproches contre des établissements de santé sur les réseaux sociaux.

Sur un post, on entend le cri de détresse d'une mère de famille : sa fille, anémique, serait morte à l'hôpital de Port-Bouët, l'une des communes de la ville d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. Elle accuse les médecins de négligence. Une vidéo très partagée ces derniers jours. Ces « dénonciations » publiques sont fréquentes. « Ils se foutent de nous dans les hôpitaux, accuse un autre homme. Vous ne vous occupez pas des patients ».

Une manière de lancer l'alerte pour Jean Yogaye Koné, de la Jeunesse ivoirienne pour la promotion de la bonne gouvernance : « Les autorités, interpelées via les réseaux sociaux, vont réagir assez rapidement aux problèmes soulevés. Tout ceci met aussi en évidence les insuffisances des moyens conventionnels de recours. »

« Nous ne sommes pas des boucs-émissaires »

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Pour le ministère de la Santé, ces dénonciations engendrent des tensions. Le syndicat national des médecins (Synamed) a ainsi annoncé porter plainte après des propos jugés menaçants dans une autre vidéo virale contre l'hôpital d'Adjamé il y a une dizaine de jours. Modeste Kemanhou, secrétaire général du Synamed, souligne : « Celui qui arrive dans un hôpital qui est mal reçu, s'il a son téléphone, il fait sa vidéo et va la balancer ! Mais ce que nous ne comprenons pas en tant que praticiens, c'est le fait que tous se soient jetés sur les médecins ou les personnels soignants. Les personnels soignants ne sont pas responsables du manque de médicaments dans nos structures. Et nous disons donc que nous ne sommes pas des boucs-émissaires. »

Le ministre de la Santé précise que des chargés de communication sont présents dans chaque hôpital pour écouter les patients.

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