Plusieurs associations de la communauté touarègue ont déposé le 15 juin 2025 un signalement sur le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Ces associations visent les Forces armées maliennes (Fama), les Forces burkinabè et les mercenaires de l'Africa Corps, autrefois Wagner. Les associations Imouhagh international, Kel Akal, Diaspora des États-Unis et l'association de solidarité avec l'Azawad, les accusent de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.
Les crimes contre l'humanité et crimes de guerre dénoncés au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) ont été perpétrés au Mali et au Burkina Faso depuis 2022. Ils portent sur des meurtres, des arrestations arbitraires, des disparitions forcées, des pillages et des tortures, dont la découverte en avril, à Kwala, au Mali, de 60 corps de civils, visiblement torturés, selon ces organisations. Elles pointent l'emploi de mercenaires d'Africa Corps - l'ex-Wagner - dans les opérations de répression menées par les armées des deux pays.
La CPI a déjà ouvert une enquête sur les crimes commis au Mali, à la demande même du gouvernement, suite à l'occupation de Tombouctou en 2012. Mais le départ des forces françaises et de l'ONU - en 2022 et 2024 - ont rendu très difficiles ses opérations sur le terrain.
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Poser « un acte politique et juridique majeur »
Pour pouvoir enquêter sur les crimes commis au Burkina Faso, il faudrait au procureur obtenir l'aval des juges de la CPI, à moins que le gouvernement burkinabè ne décide de le saisir.
Avec ce signalement à La Haye, les quatre organisations plaignantes disent vouloir poser « un acte politique et juridique majeur », et permettre aux victimes sahéliennes d'obtenir « reconnaissance, justice et réparation ».