Sud-Soudan: L'accord de paix risque de s'effondrer, avertit une Commission de l'ONU

13 Juin 2025

L'escalade des offensives militaires, la répression politique et la présence militaire étrangère au Soudan du Sud non seulement accélèrent la rupture de l'accord de paix revitalisé de 2018, mais alimentent la peur, l'instabilité et le traumatisme au sein de la population, a averti vendredi la Commission des droits de l'homme des Nations Unies au Soudan du Sud.

Selon cette commission créée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, l'accord de paix de ce pays d'Afrique de l'Est est en crise.

« La recrudescence de la violence pousse l'accord de paix revitalisé au bord du gouffre, menaçant de s'effondrer complètement. Une telle rupture risque de fragmenter encore plus le pays », a déclaré dans un communiqué, Yasmin Sooka, Présidente de la Commission.

Elle exhorte les partenaires régionaux, en particulier l'Union africaine et l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en Afrique de l'Est à accroître de toute urgence la pression sur les dirigeants du Soudan du Sud afin de garantir une désescalade immédiate et la mise en oeuvre intégrale de l'accord revitalisé.

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Présence militaire ougandaise

« Cet accord reste la seule voie crédible vers la stabilité, la paix et la transition démocratique ».

Depuis mars 2025, les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) ont lancé des opérations militaires soutenues, y compris des frappes aériennes sur des zones peuplées de civils, causant d'importantes pertes en vies humaines et des déplacements massifs. L'état d'urgence a été déclaré dans plusieurs régions où les opérations se poursuivent.

Selon les enquêteurs de l'ONU, des rapports font état d'un soutien des forces ougandaises aux Forces de défense du peuple du Soudan du Sud, ainsi que la décision du gouvernement de recruter des milliers de soldats supplémentaires. Une telle donne a « accru les craintes et les inquiétudes quant à l'imminence de violations généralisées » des droits humains.

« Les tensions politiques au Soudan du Sud se sont fortement aggravées avec la détention arbitraire de personnalités clés de l'opposition, dont le premier vice-président, Riek Machar, ainsi qu'avec l'intensification des opérations militaires menées par le SSPDF, y compris dans des zones civiles peuplées, et contre les forces et les groupes armés de l'opposition ».

Craintes d'un nouveau cycle de conflit dévastateur

Par ailleurs, l'escalade de la violence armée a aggravé la crise humanitaire et la crise des droits de l'homme. Les civils de l'État du Haut-Nil ont été particulièrement touchés, car la région - déjà confrontée à une insécurité alimentaire de niveau d'urgence - est devenue un couloir de transit essentiel pour les réfugiés fuyant le conflit au Soudan.

« On craint de plus en plus que si cette trajectoire de conflit n'est pas évitée, le conflit du Soudan du Sud se mêle à la crise du Soudan, avec des conséquences encore plus désastreuses », ont mis en garde les enquêteurs de l'ONU.

Selon Mme Sooka, « toute tentative unilatérale de faire dérailler la transition et de saper les architectures de paix régionales a de graves implications pour la paix et la sécurité dans la Corne de l'Afrique, et l'absence d'action pourrait plonger le pays dans un nouveau cycle de conflit dévastateur ».

La Commission indique suivre de près l'évolution de la situation et documente les violations des droits de l'homme et les abus commis par toutes les parties au conflit, y compris ceux qui pourraient constituer des crimes de guerre.

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