L'Assemblée de transition du Gabon a adopté dix textes de loi lors de sa séance du mardi 17 juin 2025 au soir. Parmi eux, le plus discuté est celui encadrant désormais les partis politiques. Sur 69 députés présents, sept ont voté contre et trois se sont abstenus. Certains acteurs politiques redoutent un rétrécissement du champ démocratique en raison de conditions jugées trop contraignantes. Les partis disposent de six mois pour se mettre en conformité.
Donatien Lhye Dioumy Moubassango fait partie des 69 députés ayant voté en faveur du texte, qu'il juge positive pour la vitalité de la démocratie gabonaise. « Je crois que ce texte garantit, un : le pluralisme politique ; deux : encadre la vie politique ; trois : préserve l'ordre public et l'unité nationale ; quatre : organise la participation des partis politiques à la vie publique. Et bien sûr, il assure une certaine forme de transparence ».
Même si le texte a été largement adopté, les sept députés qui s'y sont opposés dénoncent des conditions trop rigides pour la création et le fonctionnement des partis.
12 000 signatures pour valider la création d'une formation politique
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Jean Valentin Leyama critique notamment l'obligation faite à chaque parti de fournir au ministère de l'Intérieur une liste de 12 000 militants, accompagnée de leurs pièces d'identité, condition qu'il juge dissuasive. « Il y avait la volonté de vouloir réduire le nombre de partis politiques, plus d'une centaine. Avec cette mesure, il n'en restera certainement que deux ou trois. C'est-à-dire les partis politiques qui gravitent autour du pouvoir ou qui sont issus du pouvoir ».
La prochaine étape sera l'examen du texte par le Sénat, la deuxième chambre du Parlement gabonais, avant sa promulgation par le chef de l'État.
