À Madagascar, le gouvernement a avancé le 18 juin la thèse d'un « empoisonnement intentionnel » après le drame survenu lors d'un anniversaire en banlieue d'Antananarivo. Dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 juin, une cinquantaine de convives ont été admis en urgence dans plusieurs hôpitaux de la capitale, tous présentant les mêmes symptômes : vomissements et détresse respiratoire. Le dernier bilan fait état d'au moins 19 morts, tandis qu'une vingtaine de personnes restent dans un état « critique ».
Selon la version du gouvernement malgache, une substance toxique aurait été introduite dans des donuts consommés par les victimes le soir des faits. Des analyses réalisées à partir de l'aliment suspect sont toujours en cours. Mais sans attendre les résultats officiels - dédiés à identifier le type de poison, le ministre de la Santé, le professeur Zely Randriamanantany, a confirmé la toxicité des échantillons lors d'un point presse.
« On a testé des morceaux de donuts sur trois petites souris. Dès qu'elles l'ont ingéré, elles sont mortes sur le coup. Cela nous confirme qu'il s'agit bien d'un empoisonnement. On a administré des antidotes, car on a de premiers indices sur le type de poison. Je pense que ces traitements permettront de sauver des vies », a-t-il déclaré.
À l'hôpital, l'angoisse des familles
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Pendant ce temps, à la HJRA, l'hôpital public qui a pris en charge l'essentiel des victimes, les proches veillent sans percevoir d'amélioration notable, face à des soignants impuissants. Le fils de Saholy, 21 ans, est plongé dans le coma depuis dimanche à 22 heures. À son admission, il présentait des symptômes graves, qualifiés « d'atypiques » par le personnel médical, témoigne sa mère. « Il avait mal à la gorge, n'arrivait plus à parler. Sa vue a baissé aussi et il avait du mal à respirer, donc il a été mis sous oxygène. C'est très grave. On pense que si c'était une simple intoxication alimentaire, ça ne serait pas aussi violent ».
Dans le cadre de l'enquête ouverte pour comprendre circonstances de ce drame, cinq suspects ont d'ores et déjà été interpellés, selon le ministre délégué à la Gendarmerie nationale.