Au Sénégal, nouvelle inculpation pour « offense au chef de l'État », délit passible jusqu'à trois ans de prison au Sénégal et dont la société civile demande régulièrement l'abrogation. Cette fois, il s'agit de l'ex-chef de cabinet du président Macky Sall, Moustapha Diakhaté qui est poursuivi après avoir critiqué le protocole présidentiel dans une émission de télévision.
C'est l'usage du mot « gougnafier » qui a mis le feu aux poudres. Le procureur de la République l'a redit mercredi 18 juin 2025, « gougnafier » veut dire « bon à rien » entre autres et cela, justifie, selon lui, que Moustapha Diakhaté puisse être poursuivi pour offense au chef de l'État.
L'ancien chef de cabinet de Macky Sall, de son côté, a bien confirmé avoir tenu ces propos lors d'une émission télévisée, mais pour qualifier « l'ignorance » selon lui du protocole de la république par l'actuel chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye. Rien qui ne justifie des poursuites, selon lui. C'est aussi l'avis de son avocat Elhadj Diouf : « Ce qu'on reproche à Moustapha Diakhaté, c'est d'avoir fustigé, dénoncé, critiqué la violation du protocole de la République et pour un mot utilisé après : gougnafier. Ce terme qui a beaucoup de signification, mais qui peut signifier entre autre ignorant. Et pour cela, il a été poursuivi et envoyé en prison. Je crois que le tribunal a autre chose à faire que de juger des gens par rapport à des mots qui ont plusieurs significations. »
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Le procureur hier a requis 6 mois de prison dont 3 mois ferme et 200 000 francs CFA (305 euros environ) d'amende et Moustapha Diakakate restera en détention préventive jusqu'au délibéré de son procès le 2 juillet.
