Un projet de la Banque africaine de développement rétablit l'électricité dans les communautés zimbabwéennes après le passage dévastateur du cyclone Idai

17 Juin 2025
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African Development Bank (Abidjan)
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En mars 2019, le cyclone Idai a ravagé les districts de l'est du Zimbabwe avec une violence sans précédent, laissant derrière lui un sillage de dévastation. Parmi les régions les plus touchées figuraient Chimanimani et Chipinge, où les infrastructures essentielles à la vie moderne -- électricité, routes et réseaux d'approvisionnement en eau -- ont été détruites en quelques heures.

La ligne électrique de 155 kilomètres qui s'étendait de Middle Sabi à Charter, autrefois l'épine dorsale de l'approvisionnement énergétique de la province du Manicaland, a été dévasté, plongeant plus de 300 000 personnes dans l'obscurité. Pendant plus de deux mois éprouvants, les industries ont été paralysées, les hôpitaux ont fonctionné sans alimentation électrique fiable pour les équipements vitaux et les salles informatiques des écoles sont restées fermées.

« Le cyclone a pratiquement paralysé nos activités », se souvient Witness Teteni, contremaître en ingénierie chez Charter Sawmills, une usine qui emploie 320 personnes. « Nous avons subi de nombreuses coupures d'électricité qui ont gravement perturbé notre travail. Nous avons dû recourir à des générateurs, qui sont coûteux à l'usage et peu respectueux de l'environnement. »

La Banque africaine de développement a réagi en lançant le Programme de reconstruction d'urgence et de résilience après les cyclones Idai et Kenneth (PCIREP) d'un montant de 24,7 millions de dollars, mis en oeuvre par le Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS), l'agence des Nations unies chargée de la mise en oeuvre de projets humanitaires et de développement, en partenariat avec le gouvernement du Zimbabwe.

L'objectif n'était pas seulement de restaurer ce qui avait été perdu, mais aussi de fournir de meilleures solutions de remplacement, plus solides et plus résilientes.

Une lueur d'espoir

Le volet électricité du programme, qui représente un investissement stratégique de 3,7 millions de dollars, s'est concentré sur le renforcement de 155 kilomètres de lignes électriques aériennes de 33 kV et la construction d'une nouvelle ligne de distribution de douze kilomètres de 33 kV à Chipinge afin de séparer l'alimentation électrique des deux districts.

Il comprenait également la modernisation des infrastructures, notamment le remplacement des poteaux en bois par des poteaux en acier, utilisant des techniques d'installation qui permettent à ces poteaux de mieux résister aux conditions météorologiques extrêmes. Le projet a également permis de fournir des équipements essentiels, notamment des véhicules et des outils, à la société publique Zimbabwe Electricity Distribution Company (ZETDC).

Le projet soutenu par la Banque africaine de développement a permis de rétablir l'électricité pour plus de 300 000 personnes. « Nous avons considérablement réduit le nombre de pannes dans le réseau », explique l'ingénieure Selina Mudzinganyama, qui a supervisé la réhabilitation. « Les coûts de maintenance ont également diminué, car la conception modernisée est conçue pour résister à des conditions plus difficiles. Les cliniques, les écoles et les ménages bénéficient désormais d'une alimentation électrique fiable, et les entreprises peuvent fonctionner sans interruptions constantes. »

Andreas Moyo, ingénieur de développement pour la région Est de la ZETDC, abonde dans ce sens : « Nous n'avons plus que des pannes normales. La sécurité, en particulier pour les lignes que nous avons renforcées, s'est considérablement améliorée. Nous ne rencontrons plus que des pannes mineures, qui sont résolues en une heure, alors qu'auparavant, elles pouvaient facilement durer très longtemps. »

Dans les établissements de santé de Chimanimani, l'impact a transformé la vie des gens. Patricia Chikandi, infirmière clinicienne, décrit cette transformation : « L'électricité fiable a changé la donne pour nous. En cas d'urgence, nous ne nous inquiétons plus des coupures de courant et nos vaccins sont conservés en toute sécurité dans des réfrigérateurs à température contrôlée. Cela a amélioré la qualité des soins que nous fournissons. »

« Grâce au retour de l'électricité, nous pouvons utiliser les ordinateurs de la salle informatique et étudier après la tombée de la nuit. Cela nous aide à mieux préparer nos examens et nous permet d'acquérir des compétences auxquelles nous n'aurions pas accès autrement », témoigne, Farai Ndlovu, élève au lycée de Chipinge.

Pour les travailleurs agricoles, cette amélioration se traduit par une augmentation de leurs revenus. « Avant le rétablissement de la ligne électrique, nos systèmes d'irrigation étaient peu fiables et nous perdions souvent nos récoltes, explique Tsitsi Mutswairo, petit exploitant agricole. Maintenant, grâce à un approvisionnement régulier en électricité, nos rendements ont considérablement augmenté et nous tirons davantage de revenus de nos produits. »

Le récit de Leonard Nyamukondiwa, un agro-industriel de Chipinge, est similaire. « Avant la remise en état, nous ne pouvions pas atteindre nos objectifs en raison des coupures constantes. Aujourd'hui, nous sommes en mesure de transformer davantage de produits et nos bénéfices ont augmenté. »

Électricité rime avec entrepreneuriat

L'impact du projet n'est peut-être nulle part plus visible que dans l'atelier de Jacob Mukunukuji, dans le village de Marimauta. Avant la remise en état de la ligne électrique, l'activité de Jacob était sérieusement entravée par le coût élevé des générateurs diesel. Aujourd'hui, grâce à un accès fiable à l'électricité triphasée industrielle, son petit atelier est devenu un centre de développement des compétences, où sont formés des apprentis issus de centres professionnels locaux, créant ainsi un effet d'entraînement qui profite à toute la communauté.

« Avoir l'électricité est très, très important, car je peux fabriquer tout ce que je veux », explique Jacob en montrant ses créations : des tables pour les scies à refendre, des broyeurs et des équipements de transformation du maïs qui servent aux agriculteurs de toute la région.

Il désigne Paul, qu'il a formé et qu'il emploie désormais comme soudeur dans son atelier. « Il fait partie de la quatrième promotion que je forme. L'un de mes premiers diplômés, Danmore Majuta, a monté son propre atelier de cuivre à Rusitu. Une autre apprentie fabrique des cadres de fenêtres et des matériaux de construction pour l'entretien général des logements locaux. »

Un modèle de développement durable

Aujourd'hui, les lumières sont allumées à Chimanimani et Chipinge. Jeremiah Mutasa, ancien de la communauté et agriculteur, souligne la transformation : « Les lignes électriques ont redonné espoir à notre région. Nous avons l'électricité dans nos maisons, nos fermes et nos écoles. C'est plus que de l'électricité, c'est la lumière qui maintient notre communauté en vie. »

Le projet, qui s'aligne sur la stratégie nationale de développement du Zimbabwe (NDS1), démontre comment des investissements ciblés dans les infrastructures peuvent transformer des régions entières.

Seaga Molepo, ingénieur en électricité à la Banque africaine de développement, résume ainsi la situation : « Les interventions en matière d'infrastructures électriques dans le cadre de ce projet illustrent parfaitement le lien crucial entre la reprise après une catastrophe et le développement durable. La collaboration fructueuse entre la Banque, le gouvernement du Zimbabwe et l'UNOPS prouve que lorsque nous alignons nos efforts sur des priorités stratégiques claires, en particulier "Éclairer l'Afrique et l'alimenter en énergie", nous pouvons obtenir des résultats transformateurs qui améliorent la qualité de vie des populations que nous servons. »

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