Ce webinaire, qui regroupait des représentants des médias congolais, les affiliés de la FIJ en RDC - le SNPP et l'UNPC - et d'autres pays, mais aussi des journalistes internationaux, a été l'occasion de débattre de l'absence de couverture internationale du conflit au Kivu, dans l'Est du Congo, et des difficultés rencontrées par les journalistes locaux. La FIJ a appelé la communauté internationale des journalistes à soutenir davantage la couverture médiatique.
Dans une tribune publiée le 4 juin dans le quotidien français Le Monde, 75 lauréats du Prix Nobel dénonçaient le silence assourdissant de la communauté internationale à propos de la RDC.
Même constat à la FIJ où l'urgence d'informer sur la RDC est devenue une priorité face à l'ampleur de la crise humanitaire et à l'absence de relais médiatiques internationaux capables de rendre compte de la réalité sur le terrain.
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Sur place, les journalistes doivent faire face au manque de ressources, aux influences politiques, à la censure et à de véritables risques sécuritaires, notamment dans l'Est du Congo où le conflit sévit depuis 30 ans. La radio reste le média privilégié de la population, et les radios communautaires ont toujours le vent en poupe, mais l'information reste limitée, victime des pressions locales, du manque de formation et d'infrastructures.
Les intervenants ont souligné l'importance de l'indépendance journalistique, le recours à l'intelligence artificielle pour améliorer la qualité de l'information et le rôle crucial de la couverture internationale de la situation sur place, alors que beaucoup de médias locaux s'autocensurent et de nombreux journalistes se trouvent placés sous surveillance.
"Les journalistes en RDC doivent être soutenus par leurs confrères et consoeurs étrangers. Ils doivent être une voix, pas un écho. L'un des droits fondamentaux des citoyens est d'être bien informés", a rappelé Anthony Bellanger, Secrétaire général de la FIJ. Citant le préambule de la Charte d'éthique de la FIJ, il a rappelé que "la responsabilité du journaliste vis-à-vis du public prime sur toute autre responsabilité".
"Informer en RDC, c'est une forme de résistance", a expliqué Marius Muhunga, CEO de Kinshasa TV, un média indépendant congolais. Le journaliste a notamment expliqué comment son média utilisait l'intelligence artificielle pour améliorer le travail journalistique, contourner les obstacles et accéder à des informations autrement inaccessibles. "On ne demande pas la permission d'informer, on demande à ne pas être les seuls à le faire", a-t-il déclaré.
Valéry Mumbere Mukosasenge, membre du Syndicat national des professionnels de la presse (SNPP) et journaliste, travaille au Nord-Kivu, à l'Est du pays, une région marquée par l'insécurité persistante et les tensions armées. Il alerte sur une dérive inquiétante : par peur des représailles, de nombreux journalistes préfèrent s'autocensurer, compromettant ainsi le droit du public à une information libre et indépendante.
Colette Braekman, ancienne journaliste du quotidien belge Le Soir et spécialiste de la RDC, a rappelé les défis quotidiens des journalistes : les difficultés matérielles, les salaires insuffisants et les risques pour leur sécurité, en particulier dans l'est du pays. "Le journalisme est un miracle quotidien au Congo", a-t-elle résumé.
Le webinaire s'est conclu par un appel de Marguerite Bosita, journaliste indépendante congolaise et présidente du Groupe mondial des jeunes travailleurs des médias de la FIJ, à un soutien international pour promouvoir une information libre et responsable en RDC.