Au fur et à mesure qu’on s’approche de l’échéance fatidique du 23 Novembre 2025 unilatéralement fixée par le Président Emballo, au lieu de celle du 30 novembre, initialement prévue pour la tenue de la présidentielle et des législatives en Guinée Bissau, de nombreux nuages commencent à assombrir le ciel Bissau Guinéen, en dépit du « consensus mou » obtenu sur le terme du mandat du Président en exercice Umaro Sissoko Emballo.
En effet, la grève déclenchée par les agents préposés à la révision des listes électorales, à travers la rétention des listes issues des opérations de révision du fichier électoral, pour exiger le paiement des 45 jours de travail qu’ils ont effectués constitue une source de préoccupation. En effet, sans cette mise à jour, la commission nationale Electorale (CNE) chargée de l’organisation de la double compétition électorale (présidentielle et législatives) du 23 Novembre prochain ne peut poursuivre le processus.
Cette attitude de défiance risque d’avoir une incidence sur la tenue à date échue de l’élection, si des mesures rapides ne sont pas prises. Or, il semble, si l’on en croit les récentes déclarations du Président Emballo lui-même, face à différents mouvements de protestation sur les questions salariales, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation, « il n’est pas question de hausse de salaires à cause des engagements pris avec les partenaires financiers » a-t-il déclaré.
Pour ces agents collecteurs, il s’agit d’un travail effectué, qui doit être rémunéré et de ce point de vue les négociations menées n’ont à ce jour, rien donné et le temps presse, et faute de disposer d’un fichier fiable, il y a de fortes probabilités d’avoir de la contestation, ou à défaut de ne pouvoir tenir les élections à date échue. Comme on le sait le calendrier électoral comporte des séquences et des délais légaux butoirs, notamment pour la révision, la publication des listes et le contentieux…
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Par conséquent, le financement de cette étape du processus électoral qui semble être dans une impasse risque d’être lourd de conséquences pour la Guinée Bissau qui cherche à se sortir de cette situation déjà conflictogène avec l’expiration du mandat du président en exercice.
Si la communauté des partenaires de la Guinée Bissau, n’engage pas les efforts nécessaires pour accompagner le processus en cours, il est clair qu’on va tout droit vers un report, ou tout au moins des élections contestées qui risque d’ouvrir la Guinée Bissau sur une longue période d’incertitude.
La difficulté est que le Président en exercice lui-même avait éconduit au mois de février dernier, une délégation de la CEDEAO venue offrir ses bons offices pour une sortie de crise.
Peut-être que l’Union Africaine pourrait sortir de son mutisme qu’on lui a souvent reproché pour s’engager cette fois ci ? Emballo acceptera –t-il un autre round de négociation, sauf que dans le cas d’espèce, il n’est pas acquis que, ni l’Union Africaine, ni la CEDEAO aient des ressources à mettre dans le financement des opérations électorales en Guinée Bissau. Si tel était le cas, elles seraient d’office « Observateurs » du processus et sans doute aptes à donner un quitus de validation de la sincérité du scrutin. Emballo est –il aujourd’hui disposé à aller dans ce sens ? That is the question.
On en est pas encore là, mais selon certains observateurs, cette question de rémunérations des agents recenseurs, dont le montant est quasi insignifiant par rapport au budget total des élections, n’est qu’un énième dilatoire de Sissoko Embalo pour différer la tenue des élections présidentielles et législatives. On pourrait difficilement en douter.