Sud-Soudan: «Seul Dieu sait quand nous pourrons rentrer» - La longue attente de déplacés climatiques

Au Soudan du Sud, depuis 2020, plus d'un demi-million d'habitants du Jonglei ont été affectés par les inondations provoquées par la crue du Nil et les pluies torrentielles. Ce cycle d'inondations, toujours en cours, a poussé pas moins de 130 000 habitants des comtés inondés du Jonglei à venir se réfugier dans des camps de déplacés autour de Bor, la capitale de cet État. Voilà maintenant plus de quatre ans qu'ils sont là, à attendre de pouvoir rentrer chez eux, un jour, peut-être... Ils survivent par l'agriculture. Reportage.

Au camp de Malual Agorbar, près de Bor, chaque tukul, les maisons traditionnelles, est entouré de potagers d'où affleurent des pieds de sorgho en ce début de saison des pluies.

Diing Kuot Deng, 29 ans, désherbe son champ à l'aide d'un outil traditionnel. Mère de cinq enfants, la crue du Nil l'a chassée de son village de Jalle en 2021. « C'était terrible, nous avons dû mettre ce que nous avons pu dans un canoë et fuir jusqu'à Bor, raconte-t-elle. Mais nous avons dû abandonner nos chèvres et beaucoup d'autres choses et nous sommes arrivés ici avec pratiquement rien. Cette petite ferme de sorgho, c'est ce qui nous aide à survivre. Et, pendant la saison sèche, nous cultivons plus près du Nil ».

« Il y a aussi beaucoup d'insécurité »

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Sa voisine Akuol Manyang Ajak, 21 ans, aimerait, elle aussi, retourner à Baidit, le village de son mari, mais c'est pour l'instant inenvisageable. « Moi je vis et je cultive ici dans le camp, et mon mari va pêcher dans les marécages, explique-t-elle. Mais nous attendons la fin des inondations pour pouvoir retourner au village. Pour l'instant, c'est impossible, car notre maison a été détruite et il y a encore de l'eau, et puis il y a aussi beaucoup d'insécurité. Seul Dieu sait quand nous pourrons rentrer ».

Les chefs locaux expliquent qu'ils espèrent que les travaux sur la digue au nord de Bor permettront d'assécher les villages inondés. Et avouent que la situation des déplacés de Malual Agorbar est encore plus difficile depuis l'arrêt des distributions alimentaires, il y a deux ans.

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